Opposant historique à la dictature de Ben Ali, Moncef Marzouki est désormais le premier Président de la démocratie tunisienne. Quelle revanche personnelle et quel parcours pour ce médecin de formation, emprisonné, en exil en France pendant dix ans et dont la voix n’était pas entendue par les politiques français, et les médias, en France avant la révolution arabe ! Encore récemment, ils étaient peu nombreux ceux qui le voyaient atteindre un tel niveau de responsabilités. C'était pourtant méconnaître le personnage. En octobre 2009, à la veille de la réélection fantoche de Ben Ali, les Éditions de l’Atelier avaient publié son livre le plus important, Dictateurs en sursis, Une voie démocratique pour le monde arabe (entretien avec Vincent Geisser, préfacé par Noël Mamère) ; livre réédité (édition revue et augmentée) une fois la révolution tunisienne venue : Dictateurs en sursis. La revanche des peuples arabes (2010), dans lequel Moncef Marzouki a notamment écrit un prologue très personnel (lire extrait ci‐dessous).Répondant aux questions posées sans complaisance par le politologue Vincent Geisser, MoncefMarzouki livre sa vision de l’avenir politique du monde arabe, sa conception des relations avec l’Europe, les USA et Israël, son interprétation de la laïcité et son analyse du rôle des islamistes dans les futures démocraties arabes. Cet ouvrage est aussi une occasion de découvrir l’homme Marzouki sur un registre plus intime : son enfance en exil, sa relation de proximité avec la France, sa passion pour la langue et la culture arabes, son rôle pionner pour une médecine au service des citoyens, ses premiers engagements politiques et philosophiques qui l’ont conduit très tôt à dénoncer la pratique systématique de la torture dans les pays arabes. On y découvre un homme aux convictions inébranlables qui fondent un combat solide pour la démocratie en Tunisie.