Le sujet de ce livre est l'implantation et la répartition de la communale (c'est-à-dire l'école primaire) sur le territoire français, dans une période essentielle pour la constitution de la France moderne, la IIIe République, de Jules Ferry à 1940. Contre une tradition historiographique d'un affrontement entre la volonté universelle et unitaire du législateur républicain et la spécificité locale, Jean-François Chanet propose une réponse beaucoup plus nuancée et subtile, car inscrite dans une étude extrêmement concrète de l'école : dictées, excursions scolaires, fêtes locales, rôle des instituteurs, etc. Il montre que le régime républicain s'est montré en fait très souple : la législation était impérative, mais l'application très empirique. En outre, localement, la logique d'ascension sociale, que l'école a favorisée, était acceptée, sinon souhaitée.