L'artiste danois Olafur Eliasson a été nommé dimanche "ambassadeur de bonne volonté" du Programme des Nations Unies pour le développement. Cet artiste contemporain, connu pour ses œuvres jouant avec les éléments et les cinq sens, est aussi très investi dans la cause environnementale.

Olafur Eliasson dans son oeuvre "Your Spiral View" à la Tate Modern, à Londres, en juillet dernier
Olafur Eliasson dans son oeuvre "Your Spiral View" à la Tate Modern, à Londres, en juillet dernier © AFP / Niklas HALLE'N

Il rejoint Zidane, Ronaldo, ou encore Antonio Banderas, parmi les ambassadeurs des Nations Unies pour le climat. L'artiste Olafur Eliasson, 52 ans, a été nommé dimanche "ambassadeur de bonne volonté" du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Une fonction qui l'associe au PNUD pour "sensibiliser et mobiliser le public contre les effets climatiques grâce à des projets favorisant les énergies renouvelables, la réduction des émissions de CO2 et la protection de notre planète", explique le communiqué annonçant sa nomination. 

"En tant qu'artiste, je crois que la culture permet d'appréhender et de comprendre les défis à relever".

Lors de sa nomination, l'artiste plasticien a déclaré : "La coexistence est source de beauté, mais aussi de chaos et de difficultés. En réalité, nous sommes tous dans le même bateau. C'est pourquoi nous devons prendre au sérieux l'urgence climatique". 

Né en 1967 à Copenhague, Olafur Eliasson est l'un des artistes les plus reconnus du moment. Depuis les débuts de sa carrière, dans les années 90, il a été exposé dans les plus prestigieux musées du monde, mais aussi au Château de Versailles, où une carte blanche lui a été laissée à l'été 2016 : il avait alors installé une immense cascade au milieu des bassins des jardins du château. 

Les sens, les éléments, le climat

Actuellement il fait l'objet d'une rétrospective à Londres, dans le musée d'art contemporain Tate Modern, qui permet de voir ses oeuvres majeures, depuis ses premiers travaux comme Beauty, un arc-en-ciel artificiel dans une pièce obscure, conçue dès 1993 et qui plante déjà l'univers de l'artiste : il joue avec nos sens comme avec les éléments, crée des fumées, des rayons lumineux, joue avec les miroirs, les transparences, pour changer notre perception de l'environnement - et donc, par extension, du monde. 

L'oeuvre Beauty, ici exposée à la Tate Modern en 2019
L'oeuvre Beauty, ici exposée à la Tate Modern en 2019 © Radio France / JB

Ainsi, dans Your Blind Movement, il crée un épais brouillard qui transforme la traversée d'une galerie en petite aventure, le champ de vision étant réduit à un mètre devant le spectateur. Dans Votre perte des sens, conçu en 2009 pour l'Espace culturel Louis Vuitton sur les Champs-Elysées à Paris (fermé en 2015), il conçoit un ascenseur plongé dans le noir, aux parois molletonnées, qui place le spectateur dans une forme de vide le temps de son trajet. Et pour son oeuvre la plus connue, The Weather Project, exposée en 2003 à la Tate Modern à Londres, il place dans le gigantesque hall du musée londonien un soleil crépusculaire. 

Mais un autre axe important de son travail se focalise sur l'avenir de la planète, et ce dès Green River, où il colore plusieurs rivières d'un vert très vif, une couleur habituellement associée à la nature mais qui sous cette forme prend une tournure purement artificielle. Depuis 2015 et la tenue de la COP21 en France, il fait voyager une oeuvre intitulée "Ice Watch", où des blocs venus de la banquise sont posées sur le sol des villes occidentales, où les passants peuvent prendre conscience de la réalité de la fonte des glaces. 

Avant même son engagement auprès des Nations-Unies, il a créé un produit nommé "Little Sun", une petite lampe solaire en forme de tournesol, entièrement alimentée par l'énergie solaire. Son modèle commercial ? Pour chaque exemplaire vendu dans le monde - essentiellement dans des lieux d'art et de design, un autre exemplaire est offert à un enfant en Afrique. 

Enfin, le plus explicite de ses travaux n'est pas une installation artistique mais une série de photos : en 1999 il avait lancé la série "The Glacier series", où il avait immortalisé les glaciers islandais. Vingt ans plus tard, il a recommencé... mises face à face, les deux séries de photos montrent à quel point les paysages glaciers ont changé en à peine deux décennies. 

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