Ne pas respecter complètement le principe du confinement, rendre visite à des proches ou à des amis pour prendre des nouvelles voire partager une soirée : certains assument de faire des entorses au confinement et aux gestes barrière.

Une soirée passée chez des amis, une visite au domicile d'un proche sans véritable nécessité : certains Français ont décidé de ne pas respecter à la lettre le principe du confinement.
Une soirée passée chez des amis, une visite au domicile d'un proche sans véritable nécessité : certains Français ont décidé de ne pas respecter à la lettre le principe du confinement. © Getty

Une soirée passée chez des amis, une visite au domicile d'un proche sans véritable nécessité : certains Français ont décidé de ne pas respecter à la lettre le principe du confinement et des gestes barrière, imposés par le gouvernement depuis le 17 mars. Pourtant, ceux qui assument ces entorses risquent une amende de 135 euros, voire 200 euros en cas de récidive. 

Pour boire un apéritif avec un copain dans son salon et pas par écrans interposés, Pierre* a craqué et fait une entorse aux règles du confinement. Il a invité un ami qui habite à quelques centaines de mètres de chez lui, en banlieue parisienne : "En temps normal, j'ai l'habitude de voir cet ami assez régulièrement", explique-t-il. "On a l'habitude de sortir souvent le week-end faire la fête. C'est un petit peu dur du jour au lendemain, d'arrêter toute activité sociale."

Et une fois qu'on est ensemble, on oublie vite les gestes barrière. "Au début on faisait un petit peu attention à respecter les gestes barrières, mais après réflexion, étant donné qu'il était chez moi, qu'on pouvait toucher des verres, des bouteilles, une poignée de porte, on n'était pas dupes et on était conscient que ces gestes étaient pas forcément très efficaces" reconnait Pierre.

Éviter les éventuels contrôles de police

Pour organiser cette soirée, il fallait braver la police, mais Pierre explique que ce n'est pas très compliqué, car lui et son ami habitent dans le même quartier : "On peut très bien renseigner l'adresse du copain chez qui on va comme étant la sienne, s'il n'habite pas trop loin en cas de contrôle c'est crédible". 

Mais pour Pierre il n'est pas question de trinquer tous les soirs, il jure que ça ne s'est produit que deux fois : "On ne veut pas non plus abuser, on est conscient qu'on ne respecte pas les règles du gouvernement, donc ça reste exceptionnel, Et puis, quand on se voit ça dure une heure, une heure et demie. Surtout parce que la copine de mon pote est assez inquiète par rapport au contexte actuel. Donc, il essaye de limiter la durée de sa sortie pour ne pas trop l'inquiéter. Elle est plutôt réticente, mais elle est consciente aussi que s'il restait tout le temps à la maison il ne serait pas forcément au top psychologiquement et que ce n'est peut-être pas plus mal de lui autoriser cette sortie". Pour certains, les apéro-skype, les sorties quotidiennes ou les jogging ne seraient donc pas suffisants.

À Caen, Léon*, la trentaine, enfreint les règles du confinement pour passer tous ses week-ends avec une amie : "Elle a son appartement, j'ai mon appartement, en temps normal on se voit, donc on s'est dit que c'était comme si on était confinés ensemble." 

Je suis d'accord avec la nécessité d'une discipline commune. Mais dans cette discipline, il y a une marge d'appréciation et j'utilise la mienne.

Pour autant Léon est d'accord en principe avec le confinement : "Je ne vais pas me mentir à moi-même non plus ce n'est pas indispensable, et il y a une prise de risques forcément, mais une prise de risques mesurée."

Léon a lui aussi ses "astuces" pour échapper aux éventuels contrôles d'attestation. "On habite chacun d'un côté de la ville (de Caen)", explique-t-il. "Nos domiciles sont distants de plus d'un kilomètre, donc on utilise comme prétexte, sur nos attestations, de faire des courses, et au lieu de revenir sur nos pas, on part dans la direction opposée."

Léon comme Pierre soulignent qu'ils n'ont pas peur pour eux-mêmes et ne fréquentent aucune personne âgée ou à risque, sans quoi ils assurent qu'ils respecteraient scrupuleusement le confinement. 

* Les prénoms ont été modifiés

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