L'ancien président Nicolas Sarkozy a apporté lundi soir sur scène son soutien à Rachida Dati, candidate Les Républicains à la mairie de Paris. Devant des militants conquis, et, pour certains, émus.

Nicolas Sarkozy reste une figure adorée d'une grande partie des militants LR.
Nicolas Sarkozy reste une figure adorée d'une grande partie des militants LR. © AFP / Christophe Archambault

Il suffit de citer son nom pour que la salle s'anime. Nicolas Sarkozy, invité d'honneur, est monté lundi soir sur la scène de la salle Gaveau à Paris pour apporter son soutien à Rachida Dati, candidate les Républicains aux municipales à Paris. Élogieux, quasiment paternel avec son ancienne ministre : "Elle a une énergie inépuisable. Et ça, c'est quand même ton côté sarkozyste!", lui glisse-t-il, sous les rires des militants conquis. "Monsieur le président, cette confiance vous me l'avez accordée comme vous êtes : sans calcul", réplique Rachida Dati. 

Incarnation, selon Sarkozy, de la "droite populaire", Rachida Dati attaque sur les deux fronts. Contre Agnès Buzyn, venue "boucher un trou", mais surtout contre Anne Hidalgo, "idéologue" et "sectaire" selon l'ancienne Garde des Sceaux : "Si vous n'êtes pas d'accord avec elle, vous êtes un ennemi du genre humain"

"Notre dynamique emportera tout"

"Ceux qui n'en peuvent plus de la mairie actuelle, ce sera là notre réserve de voix", assène Rachida Dati en fin de discours : "Notre dynamique emportera tout". "On est sur le match aller", estime de son côté Aurélien Véron, candidat LR à Paris centre : "Plus la dynamique va être forte, plus on arrivera le 15 au soir en position de force pour tout emballer".

La droite parisienne, dans la salle où Nicolas Sarkozy a fêté sa victoire à la présidentielle en 2007, se sentait pousser des ailes. Denise, militante LR, en est convaincue : "Il y a tous ceux qui ne veulent plus de Hidalgo et ceux qui sont partis à La République en Marche, qui se sont trompés de route et qui vont commencer à aller sur le droit chemin". 

Sarkozy toujours aussi populaire

L'intervention de Nicolas Sarkozy a permis de vérifier qu'il reste une figure adorée de nombreux membres des Républicains. "C’était amusant, : je n’ai pas retrouvé le Sarkozy que je connaissais quand il était en fonction, c’était même émouvant", décrit Chantal, 70 ans, _"Il avait le rôle d’encourager, de soutenir."  Hector, 18 ans et étudiant en sciences politiques, abonde : "Le soutien de Sarkozy était extrêmement fort pour madame Dati. Il représente beaucoup dans sa carrière politique et dans sa vision. Sa présence était importante car c’est un peu l’histoire de notre parti, de l’UMP, des Républicains et de la droite républicaine."_

Nicolas Sarkozy s'est refusé à monter sur scène à la fin du discours de Rachida Dati pour chanter la Marseillaise aux côtés des poids lourds du parti, comme pour ne pas prendre trop de place. "On sent qu’il la porte, mais c’est Rachida Dati qui se présente", juge Sarah, co-listière dans le 18ème arrondissement. 

"La star ce n'était pas lui, c'était Rachida Dati"

Certains comme Fernanda, 50 ans et résidente du 7ème arrondissement, sont d'ailleurs venus uniquement pour Rachida Dati, qu'elle soutient depuis 12 ans : "Je suis venue pour elle, pas vraiment pour monsieur Marko euh… Sarkozy", lâche-t-elle. "La star ce n’était pas lui, c’était Rachida Dati. Mais c’est quand même très bien qu’il soit venu."

"Elle a mis beaucoup d’humanité dans son discours", selon Éric, co-listier dans le 18ème : "Rachida Dati a axé sa campagne sur la sécurité, mais là on voit qu’il y a un cœur qui bat sous cette carapace. On a retrouvé l’ambiance de 2007, celle de la victoire. Elle a fait beaucoup de progrès."

Dati éclipsée ?

"Dati je l’ai trouvé un peu, comment dire… Je ne sais pas si c’est son mentor qui l’a déstabilisée. Elle n'était… pas éteinte, mais déstabilisée par Sarkozy ? Intimidée, c'est le mot", estime elle Louisa, assistante médicale. Carla est d'accord : "Samedi encore j’étais avec elle, c’était tout autre chose"

Et Louisa, les yeux brillants, de se prendre à rêver comme d'autres militants à une nouvelle candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle : "Quand il a dit qu’il connaissait la salle, où il a fêté sa victoire en 2007, je voulais lui crier : 'On compte sur vous pour 2022 !' Parce que je le vois revenir le Sarkozy, c’est sûr et certain", parie-t-elle :"C’est un homme qui doit s’ennuyer dans sa vie, et il aime trop la politique."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.