Ils ne font pas partie des personnes pour lesquelles la vaccination contre le Covid-19 est ouverte en France. Pourtant, un homme d'une quarantaine d'années et son compagnon trentenaire ont été vaccinés ce week-end, à Aulnay-sous-Bois. L'hôpital dit ne pas avoir connaissance de ces cas.

L'hôpital Robert Ballanger, à Aulnay-sous-Bois (illustration)
L'hôpital Robert Ballanger, à Aulnay-sous-Bois (illustration) © Radio France / Hajera Mohammad

"Je ne suis pas prioritaire pour la vaccination mais ce week-end, j'ai pu être vacciné à l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois". Alors que le gouvernement a mis en scène ce week-end une accélération de la vaccination, Luc*, une quarantaine d'années, semble avoir profité d'une situation qu'il ne comprend pas tout à fait.

Samedi, son compagnon, trentenaire, et lui, obtiennent un rendez-vous pour une vaccination dimanche à l'hôpital Robert Ballanger. Une connaissance, dont un proche travaille dans cet établissement, leur a fait part d'une "sorte de campagne de vaccination massive (...) quelque soit l'âge et les conditions physiques des personnes" explique Luc.

Deux patients non prioritaires vaccinés

Les deux patients n'ont aucune comorbidité et ne figurent donc dans aucune catégorie permettant l'accès au vaccin. Mais une fois sur place, cela ne pose aucun problème et tous deux reçoivent une première injection du vaccin Astra Zeneca, réservé normalement aux patients de plus de 50 ans, porteurs d'un facteur de risque.

"Au début, on avait des scrupules à y aller parce qu'on considère que ces doses de vaccin auraient été plus utiles à des personnes plus âgées ou dans des conditions physiques moindres que les nôtres" témoigne Luc, qui assure avoir croisé d'autres patients dans la même situation : "il y avait quelques personnes prioritaires, mais beaucoup qui ne l'étaient pas", dit-il.

Les médecins veillent au respect des critères

Sollicité, l'hôpital Robert Ballanger assure ne pas avoir connaissance de vaccinations d'un public non prioritaire. L'établissement rappelle qu'un entretien préalable au vaccin est assuré par un médecin, "qui récuse ou non le patient" en fonction des critères. Impossible de savoir, selon l'hôpital, si les médecins ont permis à plusieurs patients non prioritaires d'être vaccinés, l'entretien étant soumis au secret médical. Mais si ce filtre n'a pas fonctionné, "c'est une erreur" nous dit-on. 

Luc témoigne pourtant avoir fait part de ses doutes aux soignants sur place. "Le médecin et l'infirmière qui nous ont fait le vaccin sont restés très vague et nous ont simplement dit qu'il y avait une logique à essayer de vacciner le maximum de personnes, et que toute personne vaccinée, c'est déjà quelque chose de bon à prendre" raconte-t-il. 

"J'étais assez réticent au départ à me faire vacciner", ajoute le quarantenaire, "sachant que mon père, par exemple, qui a plus de 70 ans, ne s'est pas encore fait vacciner (il vit en région et a depuis obtenu un rendez-vous, ndlr) mais finalement, je me suis dit que c'était soit ça, soit des vaccins qui allaient se perdre". L'hôpital, de son côté, récuse avoir dû "écouler" des doses périssables, rappelant que la vaccin Astra Zeneca "se conserve très bien".

Six lignes de vaccination montées en peu de temps

L'établissement reconnaît toutefois une organisation un peu précipitée des six lignes de vaccination provisoires montées pour le week-end. Un message a d'ailleurs été transmis aux personnels de l'hôpital, les incitant à inviter leurs proches à réserver un créneau sur le site Doctolib pour samedi et dimanche.

Dans ce mail, que nous avons pu consulter, la direction rappelle à quelles catégories (personnels soignants, patients de 50 à 74 ans avec comorbidités et personnes de plus de 75 ans) les vaccins sont destinées, les qualifiant de "cibles en priorité". Selon la direction de l'hôpital, si des patients prioritaires se sont présentés sans rendez-vous et que la vaccination était possible, elle a pu être assurée. 1 540 personnes ont reçu une injection en deux jours, samedi et dimanche, à l'hôpital Robert Ballanger.

Sollicitée, la Direction générale de la santé rappelle la consigne de "zéro perte" qui permet, dans le cas où un flacon ouvert contiendrait encore une ou deux doses à injecter, d'en faire bénéficier des patients non prioritaires à titre exceptionnel.

*le prénom a été modifié à sa demande.