À l'Assemblée nationale, cette semaine, opposants et partisans de la PMA seront auditionnés par les députés membres de la commission spéciale bioéthique. Ce projet de loi divise une partie de la société. Mais sommes-nous à la veille d'un grand retour de la Manif pour tous ? Qui est prêt à se battre contre la PMA ?

De nombreux militants anti-PMA préparent une forte mobilisation contre la loi, considèrent que cette réforme mènera nécessairement à la GPA
De nombreux militants anti-PMA préparent une forte mobilisation contre la loi, considèrent que cette réforme mènera nécessairement à la GPA © AFP / NurPhoto / Olivier Donnars

À l’Assemblée nationale, personne ne croit au grand soir. Les plus fervents opposants au mariage pour tous, comme Hervé Mariton ou Jean-Frédéric Poisson, n'ont pas été réélus. La droite est bien plus divisée qu'en 2013, où il n'y avait finalement que l'actuel ministre Franck Riester qui défendait le mariage homosexuel. Cette fois, un tiers des députés de droite seraient favorable à l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, et notamment le vice-président de LR, Damien Abad. 

Marine Le Pen, elle, n'a pas changé d'avis : elle est opposée à ce projet de loi, mais ne compte pas trop en faire, et exclut de descendre dans la rue. Sa nièce, Marion Maréchal, hésite à manifester, mais elle ne bénéficiera, en tout cas, pas de la tribune de l'Assemblée nationale. Quant au grand-père, Jean-Marie Le Pen, il s'est dit récemment, dans le Figaro, favorable à la PMA pour toutes. 

Le RN va préférer, dans les prochaines semaines, s'attaquer à la réforme des retraites, jugée "plus concernante", qu'à cette question de société "très clivante". Ils ne réaliseront donc aucune affiche, aucun tract sur ce thème. 

Tous les autres partis d'opposition (PS, PCF, EELV, Insoumis) devraient eux soutenir ce texte, qui était une des promesses de campagne de François Hollande en 2012. Et le président socialiste y avait justement renoncé face à l'ampleur des "manifs pour tous".

Enfin, dans la majorité, il n'y aurait qu' "une quinzaine de rebelles", selon le responsable du texte, le député Guillaume Chiche. Ce qui fait dire à l'ancienne députée LREM, Agnès Thill, exclue en juin pour des "propos polémiques" anti-PMA, que "le match est évidemment plié". "Après, le problème, c'est que ce sont les urnes qui parleront", craint-elle.

L’ancienne ministre Christine Boutin, figure des conservateurs catholiques, est du même avis. "La PMA se fera, la GPA aussi" a-t-elle confié à nos confrères du Point. Et dans la rue, "il n’y aura pas foule". Ces propos agacent évidemment la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, qui veut encore y croire. "Quand le problème est posé, celui de la paternité, celui de l'absence de père pour l'enfant, l'opposition est massive, affirme Ludovine de la Rochère. "Si Madame Boutin et d'autres veulent baisser les bras, alors c'est sûr, les choses se dérouleront. Mais, moi, je ne pense pas du tout que l'Histoire soit écrite d'avance, il s'agit d'enjeux humains, éthiques, sociaux et écologiques fondamentaux".

La Manif pour tous est en train de préparer, avec une vingtaine d'autres associations, un rassemblement anti-PMA le dimanche 6 octobre à Paris, avec pour slogan "Liberté, égalité, paternité". Et "pour que ce soit une démonstration de force populaire", certains organisateurs aimeraient y voir des "gilets jaunes". "Ils seront sans doute scandalisés de savoir que la Sécurité sociale remboursera à 100% la PMA" dixit un responsable associatif. "Et leurs méthodes pourraient aussi nous aider à nous faire entendre" ajoute un autre, qui sous-entend déjà une forme de radicalisation du mouvement. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.