L'animateur et journaliste publie "Fils à papa(s)", un livre dans lequel il revient sur l'aventure de la GPA à l'origine de son fils, et sa parentalité au sein d'un couple gay. Invité au micro de l'Instant M, l'émission média de Sonia Devillers, il s'est expliqué sur sa démarche de communication autour de sa famille.

Christophe Beaugrand en septembre 2019
Christophe Beaugrand en septembre 2019 © Maxppp / Pierre Teyssot

Christophe Beaugrand : "J'ai conçu ce livre sur l'arrivée de notre fils à Ghyslain et à moi comme un exercice de vérité. J'avais envie d'expliquer comment les choses se sont passées et de ne pas les enjoliver. C'est pourquoi, j'ai parlé du prix de la GPA. Lorsqu'on on veut avoir recours à une GPA (gestation pour autrui) respectueuse, condition sine qua none pour mon mari et moi, ça se passe aux États-Unis, ou au Canada. Les frais médicaux aux États-Unis sont très élevés. Un accouchement coûte 20.000 dollars.

En France, on n'a pas idée de ce que cela coûte car c'est la solidarité nationale qui le prend en charge. Et c'est formidable. 

Mais aux États-Unis, lorsque vous arrivez dans un hôpital, on vous demande votre carte bancaire. 

Une médiatisation au service d'une cause qui lui tient à cœur

Je pense qu'un réseau social ne peut pas être la courroie de transmission de la publicité des émissions sur lesquelles je travaille. Mettre seulement des bandes annonces n'apporte aucune valeur ajoutée. J'écris tous les messages publiés sur mes réseaux sociaux et je prends beaucoup de temps pour répondre aux gens.

Quand on a eu de la chance, comme je l'ai moi, d'avoir un coup de projecteur, et d'avoir surtout une voix qui peut porter, c'est important de transmettre un certain nombre de messages pour bouger les mentalités. A travers ces canaux, j'essaye de faire avancer les choses qui me tiennent à cœur. 

Je reçois des messages de jeunes qui me disent : "Grâce à toi, j'ai pu assumer mon homosexualité"

Des mamans me disent "Je crois que mon fils est homosexuel, mais depuis que je vous suis sur les réseaux. Je me dis que je vais peut-être pouvoir être grand-mère. Mon fils va être heureux, et peut-être pouvoir se marier. J'étais inquiète, ça me rassure". Partager des images de ma famille revient à montrer que les familles homoparentales sont comme les autres. Mais je ne montre jamais le visage de mon petit garçon. 

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Et Valentin ? 

En publiant son enfance sur les réseaux on a l'ambition d'afficher notre bonheur. On le fait pour qu'on ne lui vole pas son histoire. À sa naissance, j'ai reçu tellement de messages dégueulasses. Ils disaient : "Vous l'avez acheté sur Internet". Et j'ai reçu des photos d'une crotte ! 

C'est important de faire connaitre les familles homoparentales pour faire avancer les mentalités. On espère aussi qu'en montrant et racontant notre joie, il sera davantage fier de ses parents. De tous ses parents, puisqu'on rend aussi hommage à ces deux femmes extraordinaires qui ont permis qu'il soit là."