30 ans après la chute du Mur de Berlin, des photos de Trabant, de vieilles affiches de l’Est, des emballages de produits consommés en RDA pleuvent sur les réseaux sociaux et notamment Instagram. L’Allemagne de l’Est continue de laisser des traces : "ostalgie" ou simple vision romantique ?

Sur son compte Instagram, Patrick, un allemand né en 1992 expose une partie de sa collection de vieux objets de “la vie en ex-Allemagne de l’Est”.
Sur son compte Instagram, Patrick, un allemand né en 1992 expose une partie de sa collection de vieux objets de “la vie en ex-Allemagne de l’Est”. © Capture d'écran DDR Sammlung

Pour s’en rendre compte, il suffit de se balader sur les réseaux sociaux. Les traces retrouvées de l’ex-Allemagne de l’Est sont nombreuses : il y a ces objets, ces étiquettes des produits consommés en ex-RDA. Il y a ce compte, DDR Reklame, qui exhume des publicités, “parce que le socialisme et l’économie planifiée, elle aussi avait besoin de pub”. Et ces dizaines de photos des si célèbres Trabant, qui font aujourd’hui le bonheur des collectionneurs. Une plongée façon "Good Bye, Lenin !" dans l'Allemagne communiste d'il y a 30 ans, et dont on célèbre la chute de l'un des symboles de la division, le Mur de Berlin, tombé le 9 novembre 1989. De quoi laisser le champ libre aux adeptes de l'ostalgie : cette "nostalgie" culturelle et graphique de l'ex-RDA , appliquée par extension à tous les pays de l'Est.

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L’ex-RDA, “instagrammable” ? 

Autant de petites traces, de “restes” de l’ancienne Allemagne de l’Est, qui se retrouvent dans des “posts” : l’ex-RDA est-elle “instagrammable”? Oui, répond le photographe franco-allemand Maurice Weiss, membre de l’une des agences photo les plus importantes outre-Rhin. “Il y a beaucoup de choses de RDA qui sont faciles à poster sur Instagram, car ça attire l’œil, c’est facile à comprendre” estime-t-il. 

Sur son compte DDR Sammlung, Patrick, un allemand né en 1992 (il a donc 27 ans et n’a jamais connu la RDA), expose par exemple une partie de sa collection de vieux objets de “la vie en ex-Allemagne de l’Est” : des timbres-poste, des uniformes, des produits d’épicerie et autres biens de la vie quotidienne. Des photos prises avec soin, mettent en lumière ces produits au design d’un autre temps. “On redécouvre ces produits que l’on ne peut plus acheter et que l’on ne regarde désormais que comme des éléments purement graphiques et artistiques”, analyse Maurice Weiss. 

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“On découvre que le design, le graphisme de l’Est, c’était pas si mal”

Couleurs criardes, photographies couleur, collages et découpages, si l’on trouve beaucoup d’exemples de vieilles affiches ou de vieux emballages sur Instagram, c’est aussi parce que l’on “découvre que le design, le graphisme, la photo et la littérature de la période de l’Est n’était pas si mal que ça”, ajoute Maurice Weiss. “Aujourd’hui, on retrouve plein de citations de l’Allemagne de l’Est dans des objets actuels. On redécouvre, on les cite, on les copie et on mélange”, poursuit-il. 

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Faut-il voir, derrière ces nombreuses traces de l’Allemagne de l’Est sur les réseaux sociaux, une forme d’ostalgie ? Pas vraiment, juge le photographe Maurice Weiss. Il y voit une forme de “romantisme” autour du souvenir de l’ex-RDA, d’autant que chaque regard dépend de l’histoire de la personne qui regarde. “En même temps, c’est touchant parce que [sur ces publications Instagram], on ne vend rien, ça donne un sentiment et pas spécialement l’envie d’acheter. Tout ce qui est de la RDA est un peu romantique, est un peu hors du temps”, estime le photographe qui préfère, pour sa part, travailler sur les effets de la RDA et ce qu’est l’Allemagne aujourd’hui.