30 ans après la chute du Mur de Berlin, des photos de Trabant, de vieilles affiches de l’Est, des emballages de produits consommés en RDA pleuvent sur les réseaux sociaux et notamment Instagram. L’Allemagne de l’Est continue de laisser des traces : "ostalgie" ou simple vision romantique ?

Sur son compte Instagram, Patrick, un allemand né en 1992 expose une partie de sa collection de vieux objets de “la vie en ex-Allemagne de l’Est”.
Sur son compte Instagram, Patrick, un allemand né en 1992 expose une partie de sa collection de vieux objets de “la vie en ex-Allemagne de l’Est”. © Capture d'écran DDR Sammlung

Pour s’en rendre compte, il suffit de se balader sur les réseaux sociaux. Les traces retrouvées de l’ex-Allemagne de l’Est sont nombreuses : il y a ces objets, ces étiquettes des produits consommés en ex-RDA. Il y a ce compte, DDR Reklame, qui exhume des publicités, “parce que le socialisme et l’économie planifiée, elle aussi avait besoin de pub”. Et ces dizaines de photos des si célèbres Trabant, qui font aujourd’hui le bonheur des collectionneurs. Une plongée façon "Good Bye, Lenin !" dans l'Allemagne communiste d'il y a 30 ans, et dont on célèbre la chute de l'un des symboles de la division, le Mur de Berlin, tombé le 9 novembre 1989. De quoi laisser le champ libre aux adeptes de l'ostalgie : cette "nostalgie" culturelle et graphique de l'ex-RDA , appliquée par extension à tous les pays de l'Est.

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Der Trabant P50 oder auch Trabant 500 ist der erste Typ der Trabant-Modellreihe von Sachsenring aus Zwickau. Bis August 1958 trugen die Modelle noch die Bezeichnung AWZ P50 „Trabant“. Vom Typ P50 wurden zwischen 1958 und 1962 insgesamt 131.450 Wagen gebaut, inklusive 50 Nullserienwagen im November 1957. Der Motor wurde im Barkas-Werk produziert. Die Bezeichnung P50 bedeutet Personenkraftwagen mit 500 cm³ Hubraum. Der Trabant P50 war einer der ersten vollwertigen Kleinwagen mit Frontantrieb und entsprach dem damaligen Trend bei der Entwicklung von Automobilen zur Massenmotorisierung. . Am häufigsten war der Trabant 500 als Limousine in Standardausführung, von der 81.710 Stück gebaut wurden. Ab 1959 gab es Fahrzeuge in Sonderausführung mit geschwungener Chromzierleiste und Zweifarblackierung, anfangs gab es sogar eine dreifarbige Sonderwunsch-Variante. Merkmale der Sonderausführung waren eine andere Polsterung der Sitze, Sonnenblenden, Ascher im Fondraum, sowie Beleuchtung im Motor- und Kofferraum. Ab 1961 war die Sonderausführung mit einer gerade verlaufenden Zierleiste und Zweifarblackierung versehen. Von den Varianten Sonderausführung und Sonderwunsch wurden insgesamt 38.097 Fahrzeuge produziert. . 1958 wurde eine Nullserie des Trabant Kombi gefertigt, dessen Serienproduktion dann 1959 begann. Die Kombies wurden mit einer anderen Achsübersetzung von 4,94 ausgeliefert, was eine im Vergleich zur Limousine geringere Höchstgeschwindigkeit von 90 km/h ergab. 1961 wurde eine Lieferwagen-Variante präsentiert, die jedoch erst als P60 in geringer Stückzahl produziert wurde. Insgesamt wurden 11.643 Kombis des Trabant 500 hergestellt. (via #Wikipedia) _____________________ #Trabant #Trabant500 #TrabantP50 #Limousine #VEB #Sachsenring #Automobilwerke #Zwickau #DDR #GDR #Reklame #Ostalgie #EastGermany

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L’ex-RDA, “instagrammable” ? 

Autant de petites traces, de “restes” de l’ancienne Allemagne de l’Est, qui se retrouvent dans des “posts” : l’ex-RDA est-elle “instagrammable”? Oui, répond le photographe franco-allemand Maurice Weiss, membre de l’une des agences photo les plus importantes outre-Rhin. “Il y a beaucoup de choses de RDA qui sont faciles à poster sur Instagram, car ça attire l’œil, c’est facile à comprendre” estime-t-il. 

Sur son compte DDR Sammlung, Patrick, un allemand né en 1992 (il a donc 27 ans et n’a jamais connu la RDA), expose par exemple une partie de sa collection de vieux objets de “la vie en ex-Allemagne de l’Est” : des timbres-poste, des uniformes, des produits d’épicerie et autres biens de la vie quotidienne. Des photos prises avec soin, mettent en lumière ces produits au design d’un autre temps. “On redécouvre ces produits que l’on ne peut plus acheter et que l’on ne regarde désormais que comme des éléments purement graphiques et artistiques”, analyse Maurice Weiss. 

“On découvre que le design, le graphisme de l’Est, c’était pas si mal”

Couleurs criardes, photographies couleur, collages et découpages, si l’on trouve beaucoup d’exemples de vieilles affiches ou de vieux emballages sur Instagram, c’est aussi parce que l’on “découvre que le design, le graphisme, la photo et la littérature de la période de l’Est n’était pas si mal que ça”, ajoute Maurice Weiss. “Aujourd’hui, on retrouve plein de citations de l’Allemagne de l’Est dans des objets actuels. On redécouvre, on les cite, on les copie et on mélange”, poursuit-il. 

Faut-il voir, derrière ces nombreuses traces de l’Allemagne de l’Est sur les réseaux sociaux, une forme d’ostalgie ? Pas vraiment, juge le photographe Maurice Weiss. Il y voit une forme de “romantisme” autour du souvenir de l’ex-RDA, d’autant que chaque regard dépend de l’histoire de la personne qui regarde. “En même temps, c’est touchant parce que [sur ces publications Instagram], on ne vend rien, ça donne un sentiment et pas spécialement l’envie d’acheter. Tout ce qui est de la RDA est un peu romantique, est un peu hors du temps”, estime le photographe qui préfère, pour sa part, travailler sur les effets de la RDA et ce qu’est l’Allemagne aujourd’hui.

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