Biographie

Né en 1957 dans le quartier de Garden City au Caire, le romancier égyptien Alaa El Aswany conjugue deux activités : celle de la plume et de la roulette. En effet, malgré son goût pour l’écriture, son père l’incita à faire « un métier sérieux » - ce qu’il fit en obtenant une maîtrise en odontologie à l’université de l’Illinois à Chicago (USA). Polyglotte, il parle couramment le français, l’anglais et l’espagnol, il a fait ses études au lycée français puis poursuivi son cursus à l’université du Caire. Issu d’une famille musulmane libérale, il a pu rencontrer l’intelligentsia des années 60: « des peintres, des écrivains, des cinéastes venaient parler avec passion de tout ce qui concernait l’Egypte comme s’il s’agissait de problèmes personnels ». (Books, sept.2010).Cette passion est aussi l’une des caractéristiques de l’auteur qui pense qu’un écrivain n’est jamais neutre. Il rédige d’ailleurs une chronique mensuelle dans un hebdomadaire nassériste et s’investit dans le mouvement «Kifaya » (ça suffit !) qui regroupe des associations de défense des droits de l’homme et autres ONG luttant contre le régime Moubarak. Son métier d’écrivain, il l’exerce dans son propre cabinet dentaire, sur une table de marbre au milieu de cendriers et de bibelots. Là sont nés tous ses ouvrages dont les personnages « ne sont rien d’autres que des individus qui rêvent d’une vie digne, d’une vie simple » (Mag. Litt. Oct. 2007). Après des débuts laborieux pour se faire éditer en Egypte où la censure est très forte et les maisons d’édition à la solde de l’état, Alaa El Aswany envisage d’émigrer loin de ses racines. Fort heureusement, en 2002, un éditeur privé se charge de publier son quatrième roman L’immeuble Yacoubian qui rencontre un succès immédiat dans son pays et à l’étranger. Le réalisateur Marwan Hamed en réalise une adaptation en 2006 qui fut primée la même année au festival du film de Cabourg et à celui de Marrakech. Retour à l’écriture avec le roman Chicago dans lequel il dépeint la vie des étudiants arabes aux Etats-Unis après les évènements du 11 septembre 2001. Définitivement engagé pour la démocratie il publie en 2010 un recueil d’articles de presse dans lesquels il traitait de la politique égyptienne et dans le monde arabe. Ses « Chroniques de la révolution égyptienne » accompagnent le printemps arabe en 2011 Très impliqué, il s’illustre entre autre au cours d’un débat télévisé face au premier ministre par intérim, qui démissionnera le lendemain.

Bibliographie

  • L’immeuble Yacoubian (Actes Sud, 2005)
  • Chicago (Actes Sud, 2007)
  • J’aurais voulu être égyptien (Actes Sud, 2009)
  • Chroniques de la révolution égyptienne (Actes Sud, 2011)
  • Où allons-nous si vite ? (Editions de l’Aube, 2012)
  • Automobile Club d'Egypte (Actes Sud, 2014)

Biographie de la documentation de Radio France, février2014

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