Biographie

Bruno Dellinger évoque son regard d'amateur d'art contemporain, sa folie pour les Mariko Mori, Calder ou autre Goldworthy qu'il collectionnait et qui sont aujourd'hui tous partis en fumée. Mais il y a plus. Il y a l'aboutissement d'un rêve américain qui n'était pas gagné d'avance, la réalisation d'un projet dans ce pays «qui permet tout, vous donne tout à condition qu'on s'investisse à 100 %». Qui aurait pu imaginer que ce natif de Sainte-Foy-lès-Lyon en serait un jour arrivé là, sur le toit du monde ? Pendant l'adolescence, le parcours de Dellinger est des plus classiques : école de commerce et diplôme, pour un bon élève qui semble se destiner aux affaires. Et puis non. Il crée une radio libre dans les années 80. Ensuite, c'est l'écriture qui vient le turlupiner. Il passe de petits boulots en petits boulots, vit longtemps dans la dèche pour publier un roman en 1999. Le livre s'appelle En deux temps, trois mouvements et évoque des tours de cristal qui disparaissent ensuite dans l'apocalypse... C'est une histoire d'amour qui l'entraîne aux Etats-Unis. La Californie d'abord, New York ensuite. Et là, c'est le coup de foudre. L'envie de joindre «cette énergie fabuleuse que les gens d'ici savent vous transmettre». En 1997, Dellinger décide de fonder sa société de conseil dans la ville des lumières. Quint Amasis est née, qui vient à la fois aider les sociétés américaines qui investissent en Europe et les sociétés européennes qui font le contraire. Dellinger aide les jeunes artistes américains, aussi, organise des expositions. Et puis vient le bureau. Ces quelques dizaines de m² que l'on loue dans le World Trade Center et qui deviennent réalité. «L'hiver, on était au-dessus des nuages. On regardait tout Manhattan. Des fois, je sortais le soir, je me retournais et je me disais : "Putain, c'est pas vrai. Je suis dans le World Trade Center."» Bruno DELLINGER est revenu en France 2 ans après le drame. Il y vit avec sa petite famille, a recréé une société et essaye d'oublier ses fantômes qui ressurgissent au début de chaque septembre.