Biographie

Née à Fort-de-France, en Martinique, la soprano française y commence ses études de piano et de théorie avec sa mère, professeur d’éducation musicale au lycée Schoelcher. Arrivée à Paris en 1950, elle travaille le chant d’abord avec le ténor Jean Planel ; très vite, celui-ci la présente à Charles Panzéra, qui la formera pendant six ans. Il y eut aussi Suzanne Decrais, et ces rencontres furent déterminantes pour la carrière de la jeune Christiane Eda-Pierre.

Entrée au Conservatoire de Paris en 1954, elle y obtiendra à l’unanimité les premiers prix de chant et d’art lyrique trois ans plus tard. En 1958, elle débute à l’Opéra de Nice en Leila des Pêcheurs de perles , de Bizet. La saison suivante, elle est Papagena dans La Flûte enchantée de Mozart__ au Festival d’Aix-en-Provence, puis entre en 1960 dans la troupe de la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux (Opéra de Paris et Opéra Comique). Elle en fera partie jusqu’en 1972. Salle Favart, reprenant le flambeau de la regrettée Mado Robin, elle fait ses débuts en Lakmé, de Léo Delibes, puis incarne Rosina du Barbier de Séville , de Rossini; Olympia, des Contes d'Hoffmann , de Jacques Offenbach; Lucia di Lammermoor , de Gaetano Donizetti… Au Palais Garnier, elle est Lucia à nouveau, Gilda dans Rigoletto , Violetta dans La Traviata , de Verdi…

Cantatrice au très vaste répertoire, Christiane Eda-Pierre sert autant la musique de son époque que les exhumations baroques, bien avant le renouveau du genre : Rameau en premier lieu (Les Indes galantes, Zoroastre et Dardanus ), Monteverdi (L’Orfeo ), Campra (Le Carnaval de Venise ), Haendel (le rôle-titre d’Alcina à Aix) et Gluck (Orphée et Eurydice ). En concert, elle chante Lully, Charpentier, Couperin, Bach, Vivaldi et Pergolesi. Du répertoire français, elle exhume aussi La Jolie Fille de Perth de Bizet dans les studios de la BBC en 1975, et chante Benvenuto Cellini et Béatrice et Bénédict de Berlioz avec sir Colin Davis. Bel canto romantique également : Le Siège de Corinthe de Rossini, Le Pirate de Bellini à Wexford en 1972 et Les Puritains à Marseille avec Alfredo Kraus en 1974.

A son arrivée à la tête de l’Opéra de Paris, Rolf Liebermann invite Christiane Eda-Pierre pour l’Amour d’Orphée (Gluck), mis en scène par René Clair en 1973, Les Contes d’Hoffmann (Antonia), dans la production de Patrice Chéreau présentée de 1974 à 1980, L’Enlèvement au sérail de Mozart (Konstanze) entre 1976 et 1980 sous la direction de Karl Böhm, Serge Baudo et sir Charles Mackerras, L’Enfant et les sortilèges de Ravel (La Princesse) en 1979. En 1983, elle assure deux créations, préservées par le disque, au Palais Garnier : Saint François d’Assise (l’Ange) de Messiaen, dirigé par Seiji Ozawa, et le rôle-titre du monodrame de Charles Chaynes, Erzsebet . Elle y est enfin la Comtesse des Noces de Figaro en 1976 dans la mise en scène de Giorgio Strehler, à Paris puis en tournée aux Etats-Unis, notamment sur la scène du Metropolitan Opera de New York. Le Met la réinvite au début des années 1980 pour le rôle de Konstanze, celui de Gilda face à Luciano Pavarotti, sous la direction de James Levine, pour Antonia enfin, avec Plácido Domingo et Riccardo Chailly. C’est aussi avec Les Contes d’Hoffmann et Domingo qu’elle débute au Festival de Salzbourg.

Au cours de sa carrière, Christiane Eda-Pierre a chanté à Paris, Londres, Edimbourg, Budapest, Berlin, Hambourg, Munich, Amsterdam, Rome, Milan, Chicago, San Francisco, Miami, invitée par les chefs André Cluytens, Pierre Boulez, sir Georg Solti, Riccardo Muti, Daniel Barenboim… Entre 1981 et 1986, à La Monnaie de Bruxelles, Gérard Mortier lui offre trois grands rôles mozartiens : Vitellia dans La Clémence de Titus , Donna Elvira dans Don Giovanni et Elettra dans Idomeneo , ainsi que deux concerts sous la direction de Sylvain Cambreling. La dernière décennie de sa carrière, Christiane Eda-Pierre se consacre à la mélodie française et à de nombreux concerts.

Dès 1977, elle a enseigné au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où elle est restée l’un des professeurs les plus recherchés pendant vingt ans. A partir de 1997, elle dirige des cours d’interprétation en France, au Japon et en Chine. Sa plus récente classe de maître, en mai 2013, a lieu à l’Opéra Comique, où elle enseigne Grétry, Philidor et les mélodies de Fauré aux jeunes Académiciens de ce théâtre.

photo © Fernand Bibas

éléments de biographie transmis par Decca, CB, 26/VI/2013

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