Biographie

Claude Villers : une grande voix de France Inter

Parti tôt de chez ses parents pour fuir le métier d'employé de banque, Claude Villers commence d'abord à gagner sa vie en étant catcheur. Seul à Paris, et sans relation, il parvient cependant rapidement à devenir journaliste et à écrire ses premiers articles. Il obtient sa carte de presse en 1962 à l'âge de 18 ans.

Deux ans plus tard, il arrive à France Inter pour travailler aux côtés de José Artur dans son émission "Table ouverte". C'est le début d'une collaboration et d'une complicité. Claude Villers fait partie de l'équipe de lancement du "Pop club" en 1965.

En 1968, il quitte Paris pour New York, où il devient correspondant de l’ORTF. C’est à cette occasion qu’il couvre en 1969 les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune, ainsi que les concerts de Woodstock (contre l'avis de son supérieur hiérarchique Jacques Sallebert, qui voit au premier abord peu d'intérêt à l'événement !) De retour à Paris en 1971, il anime l’émission quotidienne "A plus d’un titre", dans laquelle il évoque l'histoire américaine et la vie aux Etats-Unis. ****

Il aime changer régulièrement de formule. Il se lance dans une nouvelle aventure en 1973 avec l'émission "Pas de panique" . L’équipe de "Pas de panique" est composée de Monique Desbarbat et Jean Morzadec. A la programmation musicale, Bernard Lenoir. Au micro à ses côtés, Olivier Nanteau et Patrice Blanc-Francard. Olivier Nanteau est alors un critique d’art et d’architecture, Patrice Blanc-Francard est apprécié pour sa culture musicale. L’émission est un mélange des genres, inspirée par les lectures new-yorkaises de Claude Villers. Elle est composée de sketches, rubriques, reportages, feuilletons (dont l'histoire farfelue et délirante d'"Adolf, petit peintre viennois"). C'est à l'issue d'un numéro de "Pas de panique" le 2 avril 1974, que Claude Villers apprend la mort de Pompidou et c'est à lui que revient l'exercice délicat d'annoncer la mort du président de la République à l'antenne.

Nouvelle émission en 1976 avec "Marche ou rêve" : Claude Villers envoie de jeunes reporters enregistrer des témoignages dans les régions. Suivront : "Comme on fait son lit on se couche" en 1978, "Visas" en 1979. Et surtout "Le Tribunal des flagrants délires" en 1980.

De septembre 1980 à juin 1983, "Le Tribunal des flagrants délires" fait passer ses invités sur le "gril". L'émission révèle le talent radiophonique et l'humour pince sans rire de Pierre Desproges, dont les réquisitoires sont restés fameux. Villers l'embauche après avoir repéré ses brèves dans les pages de "L'Aurore". Luis Rego, avocat de l'accusé, marque aussi par ses plaidoiries. Tous deux se renvoient la balle sur un ton jubilatoire. Le Tribunal a compté deux saisons : de septembre 1980 à juin 1981, puis de septembre 1982 à juin 1983.

Claude Villers produit trois autres émissions satiriques par la suite : "Bienvenue au paradis" de 1988 à 1990, "Le Vrai-faux journal"** de 1990 à 1992, "Tous aux abris" de 1996 à 1997. "Le Vrai-faux journal"** se présente comme une parodie de journal radiophonique. Claude Villers, à la tête de l'édition est surnommé "Claude-Guillaume II" (allusion au journaliste Claude Guillaumin). Il présente également l'éditorial "d'Ivan Doubaï" (autre allusion, à Ivan Levaï cette fois-ci). Au générique de ce programme figurent : Isabelle Motrot, Pascal Brunner, Laurent Ruquier, Virginie Lemoine. Durant la guerre du Golfe, l'émission est émaillée de faux reportages. Un chroniqueur, Laurent Tastet, est "envoyé spécial" à Bagdad sous le nom de Jean Sairien. Une fausse météo est animée chaque jour par Jean-Claude Djian, dit "Jean-Claude Djian de Florette".

Mais Claude Villers est aussi un conteur : de 1992 à 1995, il raconte chaque jour dans "Marchand d'histoires" la vie des aventuriers, des stars du cinéma, des écrivains, à travers des récits et des entretiens. Une heure de voyage qu'il prolonge de 1997 à 2004 avec "Je vous écris du plus lointain de mes rêves" : Claude Villers et ses reporters guident les auditeurs aux quatre coins du monde, de la Malaisie au désert mauritanien, de la Grèce au Kenya, en passant par Zanzibar et les Alpilles.

Après quarante ans de carrière à Inter, Claude Villers présente sa dernière émission le 27 juin 2004, une balade en compagnie du chanteur Jean Ferrat. Amoureux des bateaux et des trains, il leur a consacré beaucoup d'émissions, mais aussi plusieurs ouvrages.

Bibliographie sélective :

  • A bord du France : chroniques secrètes d'un géant , Glénat, 2011
  • Le Tribunal des flagrants délires , Denoël, 2009
  • Le Nord du Nord : balades en Arctique , Denoël, 2009
  • Balade en Gironde , Alexandrines, 2009
  • Les Français sous l'occupation , avec Henri Amouroux, 5 volumes, Hemix Editions, 2007
  • Parigot, tête de veau : la mémoire amoureuse d'un Parisien : récit , Denoël, 2007
  • Impertinences, insolences, vacheries... et autres traits d'esprit , avec José Artur, Pré-aux-Clercs, 2006
  • Au nord du monde : à bord de l'express côtier norvégien , Denoël, 2005
  • Parole de rêveur : quarante ans de radio , Pré-aux-Clercs, 2004****

La chanson du Tribunal des flagrants délires, reprise par le public lors des enregistrements :

"Nous sommes le TribunalDont on parle dans l'journalQui juge, qui condamneLes messieurs comme les dames.Avec nous pas d'innocentTout le monde il est coupableNous en faisons le sermentAvant que vous n'passiez à tablePas question de mentirPas moyen de s'en sortirY a vraiment rien de pireQu'les Flagrants délires."

Biographie de la Documentation de Radio France, avril 2014

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