Biographie

"A la suite d'une élection organisée dans 42 bars et établissements de nuit à Paris, Clément Léon R. [il ne tient pas à rendre public son patronyme], 31 ans, a été élu dans la nuit du samedi au dimanche 10 novembre 2013 par quelques trois mille noctambules avertis (2.189 personnes ont voté, Clément Léon arrive premier devant les quatre autres candidats, avec 31,34% des voix, devant Gogol Premier (24,03%)).

Le jeune homme - qui a su séduire les foules avec le slogan le changement c'est Clément - prend ses nouvelles fonctions avec sérieux. Sa mission ? Réveiller la capitale tout en apaisant les rapports, souvent conflictuels, entre bars et riverains. Rien qui ne semble impossible au noceur-écrivain-chroniqueur. Reste à convaincre Anne Hidalgo et NKM du bien-fondé des grandes idées du maire-fantôme.

Il n’est pas un professionnel du monde de la nuit, mais un usager, un noctambule bien connu, "un pilier de la nuit". Arrivé il y dix ans à Paris, ce jeune homme qui a fait des études de philosophie, de journalisme et de théâtre, a grandi en Afrique, à Marseille, avant de partir en Belgique et d’arriver à Paname… Depuis, il sort tous les soirs, "du lundi au lundi", à Pigalle beaucoup - "mon fief même si je n’aime pas ce mot" - n’a pas d’adresse attitrée : il est hébergé par des amis, arrose leurs plantes quand ils sont en vacances.

"Un SDF de luxe", dit ce nomade en souriant. Il ne voulait pas se présenter au départ, car il écrit en ce moment une nouvelle. Mais "on m’a sollicité", raconte-t-il, les patrons de bars, les fêtards… et sous leur pression amicale, il a peaufiné son programme, pour défendre les "fêtards qui ne sont pas des soifards, comme on les caricature". "La nuit est un moment d’échanges, de 'voyages' sans argent, elle est rabelaisienne et épicurienne."

Les organisateurs de ce scrutin, Éric Labbé, DJ et porte-parole de la boîte ShowCase, le collectif Culture Bar-Bars et l'association Technopol, ont programmé une rencontre avec tous les membres du collectif ainsi que les autres candidats, pour discuter de l'éventuelle constitution d'un "conseil municipal de la nuit"."

Extrait des propos recueillis par Marie-Anne Kleiber pourLe Journal du Dimanche et Victoria Gairin pour Le Point

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