Biographie

Les bonnes fées de la musique ne se sont pas contentées de le combler de talent. Elles lui ont fait don du luxe des luxes : le temps. Le temps de laisser ce fils de médecins grandir, loin de toute pression, au rythme de sa Côte d’Azur natale. Le temps d’y mettre leur grain de sel – chacune en son temps : Anne Queffélec, qui le mettra à dix ans sur la voie du Conservatoire de Nice ; Catherine Collard, qui l’y fera profiter de ses toutes dernières années d’enseignement – puis Brigitte Engerer de ses premières au CNSM de Paris, où il entre à quatorze ans. Le temps, ensuite, de ne pas plonger tête baissée dans le grand bain musical : à dix-huit ans, David Bismuth a la maturité de reconnaître… son immaturité ; et d’aiguiser patiemment ses armes sous l’aile de Monique Deschaussées, pédagogue et philosophe du piano, héritière en droite ligne d’Alfred Cortot.

Très française filiation que celle-là, que notre très français pianiste ne saurait renier : son jeu lumineux et profond, où se conjuguent science de l’architecture et poésie du timbre, excelle tout particulièrement dans les pages de nos compatriotes. Mais pas n’importe lesquelles : d’un couplage inédit Franck/Fauré au non moins rare duo Debussy/Dukas, ce sont au disque des voies bien peu fréquentées qu’il a choisi d’arpenter ; avec pour fil d’Ariane l’exploration de l’écriture pianistique à travers des œuvres savamment structurées, profondes, orchestrales, aux formes complexes héritées de l’âge baroque. D’où, pour faire mentir ceux qui rêvaient de lui coller une étiquette « made in France », un disque de Transcriptions de Bach au piano en 2009, suivi d’un retour à la période post-romantique avec la parution en 2010 d’un nouveau CD mettant en miroir Saint-Saëns & Rachmaninoff.

Cérébral, David Bismuth ? Que nenni : simple et sincère en toute chose, ce jeune trentenaire nourrit sa musique du plaisir des rencontres et expériences du quotidien tout autant qu’au contact du clavier. Plaisir encore que celui de partager : en musique de chambre naturellement, aux côtés de Laurent Korcia, Marina Chiche ou du Quatuor Psophos, lors de concerts-lectures aux côtés des comédiens Dominique Blanc ou Didier Sandre, avec les polyphonies corses A Filetta pour des concerts thématiques, mais tout aussi volontiers en concerto, où l’Orchestre National du Capitole de Toulouse l’a invité à deux reprises.

Mozart est à l’honneur lors de ses engagements sur les grandes scènes parisiennes : d’abord au Théâtre du Châtelet avec l’Orchestre National de France en 2009 (Triple Concerto de Mozart avec Bertrand Chamayou, Edna Stern, sous la direction d’Andris Nelsons), ou avec l’Orchestre de Paris à la Salle Pleyel en novembre 2010 pour le Double Concerto de Mozart avec Maria João Pires, sous la baguette de Jean-Christophe Spinosi.

David Bismuth n’en confesse pas moins une prédilection pour les lieux intimes, où se noue et se joue un véritable échange avec le public. Derrière tout cela se lit un art de jouer qui tient autant de l’art de vivre, et que sa complicité avec la grande Maria Joao Pires, au Centre d’Art de Belgais comme à la scène, n’a pu qu’attiser : une inspiratrice de plus à porter à son crédit, à laquelle il doit, plus encore qu’une leçon d’art, une grande leçon d’humanité.

Repères

2010

  • Débuts avec l’Orchestre de Paris - Salle Pleyel : Mozart – Concerto pour 2 pianos avec Maria João Pires (dir. J-C Spinosi)

  • CD Saint-Saëns/ Rachmaninoff (AmeSon) : **** de Classica

  • Récital au festival de la Chaise-Dieu

  • Participation au « Bicentenaire Chopin » au Victoria Hall de Genève

2009

  • CD « Jean-Sébastien B.A.C.H.ianas et Transcriptions » (Ameson) : FFFF de Télérama

  • Débuts avec l’Orchestre National de France, Théâtre du Châtelet : Mozart – Concerto pour 3 pianos avec B.Chamayou et E.Stern (dir. Andris Nelsons)

  • Récital au Festival de la Roque d’Anthéron

  • CD Prokofiev: 2 Sonates & 5 Mélodies pour piano & violon, avec Vadim Tchijik (Lyrinx) : **** de Classica

  • Concert avec les solistes de l’Orchestre National de France à l’Opéra Comique

2006

  • CD Dukas/Debussy (Ameson) : « le choix de France Musique », « **** du Monde de la Musique », « 9/10 de Classica-

    Répertoire »

  • Participation aux Festivals Piano en Valois, Piano aux Jacobins, Rencontres Internationales Chopin à Nohant, Flâneries Musicales de Reims.

  • Concerts avec Maria Joao Pires au Festival Radio France / Montpellier puis au Festival Menuhin de Gstaad

2004

  • CD Franck/Fauré (Ameson)

  • Page « à suivre » dans la revue Diapason

2003

  • participation au CD Berlioz (EMI Classics) avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et le ténor Rolando Villazon, dirigé par Michel Plasson

  • choisi par la revue Pianiste comme l’un des dix jeunes pianistes français les plus prometteurs de sa génération

2002

  • rencontre avec Maria João Pires

  • Masterclasses avec Richard Goode, Menahem Pressler, Elisabeth Leonskaja

2001

  • diffusion d’un CD et interview pour la revue Piano Magazine

David Bismuth est soutenu par la Fondation SAFRAN pour la Musique.

(http://www.davidbismuth.com/Portrait/Portrait.htm)