Biographie

Francis Poulenc est un compositeur français de la première moitié du XXème siècle.

Auteur de près de 200 mélodies, il s’illustre aussi dans d’autres genres (opéra, musique de chambre, œuvres pour piano, un opus important de musique sacrée), et laisse des écrits qui témoignent de l’attachement qu’il porte à la langue.

Poulenc découvre le piano grâce à sa mère, qui lui parle des classiques, et grâce au pianiste Ricardo Viñes, son mentor spirituel, qui l’initie à la musique de son temps (Claude Debussy, Eric Satie, Manuel de Falla…). Viñes lui permet de s’introduire dans les cercles artistiques du moment, où il fréquente par exemple Jean Cocteau et Max Jacob. C’est notamment la découverte d’Igor Stravinski qui sera déterminante pour sa carrière de compositeur.

Au tout début de sa carrière, Poulenc prend part à la création du Groupe des Six (en référence au Groupe des Cinq russes), composé d’Arthur Honegger, Darius Milhaud, Georges Auric, Louis Durey et Germaine Tailleferre : ces compositeurs s’assemblent pour réagir contre le romantisme, le wagnérisme, et dans une moindre mesure, l’impressionnisme. Même s’il reste autodidacte en grande partie, Poulenc étudie la composition avec Charles Koechlin dans les années 1920, et découvre le style de Gabriel Fauré dont Koechlin était l’élève. Entre commandes et inspirations plus personnelles, Poulenc crée aléatoirement ballets, parfois non dénués d’humour (Les Animaux modèles, 1942), œuvres religieuses (Messe en sol majeur, 1937) ou œuvres instrumentales (Concert champêtre pour la claveciniste Wanda Landowska (1928), Sinfonietta, 1947). Il reste très attaché à la voix qu’il met en avant dans ses nombreuses mélodies mais aussi dans des opéras, comme Les Dialogues des Carmélites (1957) ou La Voix humaine (1958).

Poulenc fait alterner dans ses pièces un grand sérieux, qui semble aller de pair avec sa foi profonde, et un sens prononcé de l’amusement et de la fantaisie. La diversité de ses créations souligne un style assuré et inspiré, qui rend compte de l’éclectisme esthétique dans le traitement de l’orchestre et de la voix, tout en restant bien ancré dans la tonalité/modalité.

Poulenc en six dates :

• 1915-17 : rencontre Guillaume Apollinaire, Paul Eluard, André Breton, Louis Aragon, André Gide

• 1917 : Poulenc s’illustre dans un concert de musique qualifiée d’avant-gardiste au théâtre du Vieux-Colombier. On trouve notamment au programme sa Rapsodie nègre, œuvre vocale pour baryton et petit ensemble instrumental ; c’est une réussite.

• 1921 : Création des Mariés de la Tour Eiffel, première œuvre d’importance du Groupe des Six, ballet collectif sur un livret de Cocteau.

• 1926 : Rencontre avec Pierre Bernac, baryton qui devient rapidement son interprète fétiche. Il interprète les Chansons gaillardes de Poulenc cette année-là.

• 1935 : Pèlerinage à Rocamadour suite au décès de plusieurs de ses amis ; Poulenc se rapproche à nouveau de la foi catholique alors qu’il s’en était éloigné.

• 1948 : Poulenc donne son premier récital aux Etats-Unis, en compagnie de Pierre Bernac ; il fait la connaissance de la soprano Leontyne Price et du compositeur Samuel Barber (dont Poulenc créera en 1952 les Mélodies passagères, à Paris).

Poulenc en six œuvres :

• 1918 : Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée, recueil de mélodies sur des poèmes d’Apollinaire (issus du recueil éponyme).

• 1932 : Concerto pour deux pianos en ré mineur, commande de la princesse Edmond de Polignac ; inspiration issue d’un spectacle de gamelan (ensemble instrumental traditionnel de Java). Influence du Concerto en sol de Maurice Ravel et du Concerto pour piano n°21 de Mozart.

• 1945 : Figure humaine, cantate pour chœur mixte composée pendant la guerre (1943) ; hymne à la Liberté considéré comme un chef-d’œuvre dès sa création.

• 1947 : Les Mamelles de Tirésias, opéra-bouffe en deux actes et un prologue, adaptation de la pièce d’Apollinaire, créé à l’Opéra-comique.

• 1949 : Sonate pour violoncelle et piano, création à la salle Gaveau.

• 1958 : La Voix humaine, tragédie lyrique d’après Jean Cocteau, créée à l’Opéra-Comique par sa cantatrice fétiche Denise Duval. Long monologue faisant appel aux talents d’actrice de la soprano.

( source France Musique Radio France )

( Photo du compositeur avec Wanda Landowska )