Biographie

Joëlle Brunerie-Kauffmann est née en 1943, en Bretagne, dans une famille catholique de six enfants. Après une scolarité chez les sœurs, elle s’oriente vers la médecine, en partie pour embêter son père. Pire, elle choisit la gynécologie.

A une époque où ni l’une ni l’autre n’était légal, elle s’engage en faveur de la contraception et de l’avortement au sein du Mouvement français pour le planning familial (elle a pratiqué de nombreux avortements clandestins). Son premier poste comme gynécologue sera au dispensaire d'Aubervilliers, où elle a l’occasion de conseiller des femmes d'ouvriers français et immigrés sur le contrôle des naissances.

Dans les années 1970, Joëlle Brunerie-Kauffmann travaille activement à la diffusion en France de la méthode d’avortement dite Karman, qui remplace le curetage par l’aspiration du fœtus. C’est encore aujourd’hui la méthode utilisée. En 1973, elle signe dans Le Nouvel Observateur le Manifeste de 331 médecins favorables à l'avortement et affirmant l'avoir pratiqué, faisant suite à celui des 343 femmes proclamant avoir subi un avortement.

Après la loi Veil qui légalisa la contraception et l’IVG, la gynécologue quitte le dispensaire d’Aubervilliers et dirige le centre d’interruption volontaire de grossesse de l’hôpital Antoine-Béclère, à Clamart.

En 1985, un nouveau front de bataille s’ouvre pour Joëlle Brunerie-Kauffmann : son mari, le journaliste Jean-Paul Kauffmann est enlevé au Liban, en même temps que le sociologue Michel Seurat. A la tête du comité de soutien, elle ne ménage ni sa peine ni sa parole, allant à l’encontre des recommandations du Quai d’Orsay sur la médiatisation. Elle le retrouvera trois ans plus tard, en 1988.

Le 31 décembre 2012, Joëlle Kauffmann, née Brunerie, est élevée au grade de commandeur de la Légion d’honneur (elle était Officier depuis 2000).

Bibliographie :

  • 2001 : Le pouvoir médical et la mort (Le Bord De L’Eau)

__

Biographie de la Documentation de Radio France, juillet 2014

actualités sur Joëlle Brunerie-Kauffmann