Biographie

L'empire mandingue, fondé par l'empereur Soundjata au 13ème siècle, balayait toute l'Afrique de l'Ouest, de la Casamance au Burkina Faso. Pour fédérer tant de nations, Soundjata fit usage d'une arme inédite : la musique. La musique était tout : réceptacle de l'histoire et de la tradition, messagère des sages, porte-parole des rois, elle insufflait à l'âme mandingue le sens de l'équilibre et l'amour de la paix nécessaires au maintien d'un si vaste empire. Ce redoutable outil politique faisait des musiciens, les djelis (griots), une caste puissante. Cette caste a survécu à sept siècles de bouleversements et fleurit aujourd'hui sur le marché des musiques africaines. Sur des thèmes vieux comme l'Empire, avec les mêmes progressions apprises dès l'enfance, les griots modernes ont rencontré la scène occidentale et lancé leurs fusions à l'assaut du marché international. Kasse Mady Diabaté est issu de la famille de griots la plus réputée du pays mandingue, les Diabaté de Kéla. Sa tante était la griotte légendaire Siramori Diabaté. Son grand père était appelé "Jeli Fama", c'est à dire « le Grand Griot », à cause de la qualité saisissante de sa voix. Lorsque Kassé a eu 7 ans (significatif pour les Malinké), les vieux de la famille, y compris Siramori, ont reconnu qu'il avait hérité de la voix du grand-père, comme s'il était sa réincarnation. Par la suite ils l'ont entrainé et encouragé avant qu'il ne soit lancé par la Biennale de Bamako, où il a gagné tous les prix. Dès les années 60 il est sollicité par toutes les formations d'avant-garde que développe le Mali des Indépendances. De l'orchestre régional Super Mandé de Kangaba à Las Maravillas de Mali, devenu ensuite Badema National du Mali, en passant par l'Orchestre Instrumental du Mali, il participera aux expériences les plus novatrices de cinq décennies, et tous ses enregistrements feront date. Souvenons-nous seulement de Songhaï 2, avec le groupe flamenco Ketama, ou bien de Koulandjan avec Taj Mahal et Toumani Diabaté... La voix de Kassé Mady hante les platines depuis un demi-siècle. On loue sa profonde connaissance des traditions musicales les plus anciennes. Salif Keita l'a présenté comme « le plus grand chanteur du Mali ». Pourtant, hors de son pays, son nom apparaît à peine. C'est un homme modeste