Biographie

Laurent Terzieff est le fils d'une plasticienne, française d’origine, et de Jean Terzieff, sculpteur russe émigré en France, frère du sculpteur Brigitte Terziev et de la réa...lisatrice Catherine Terzieff. Adolescent passionné par la philosophie et la poésie, il assiste fasciné à la représentation de la Sonate des spectres d'August Strindberg, dirigée par Roger Blin. Il décide de devenir acteur. Il fait ses débuts sur scène à dix-sept ans au Théâtre de Babylone de Jean-Marie Serreau dans Tous contre tous d'Arthur Adamov, auteur et ami qu'il affectionne. En 1961 il rencontre l'actrice Pascale de Boysson, qui sera sa compagne dans la vie et sur scène, et fonde avec elle la compagnie Laurent Terzieff.
L'ayant remarqué dans la fiction télévisée L'affaire Weidmann, Marcel Carné l'engage en 1958 pour l'un des rôles principaux du film Les Tricheurs. Cette première apparition sur grand écran le rend célèbre : sa personnalité atypique, son charisme et son talent sont immédiatement salués.
Mais c'est au théâtre, sa véritable passion, qu'il voue sa vie, assoiffé de faire partager par l'intermédiaire de cet art, sa passion pour la poésie, et recherchant à travers lui « à contribuer à élargir la conscience de l'autre ». Pour lui, le théâtre est le lieu où l'on peut « faire se rencontrer le visible et l'invisible » ; c'est aussi un moyen de faire « s'interroger l'homme sur lui-même et sur le monde dans lequel il vit » : il disait « faire du théâtre, c'est se mettre à l'écoute du monde, pour en être la caisse de résonance. » C'est dans cette quête, dans cette recherche qui lui tient à cœur, que ses choix de metteur en scène et de comédien s'orienteront presque exclusivement vers des auteurs contemporains. Il contribue ainsi brillamment à faire connaitre nombre d'entre eux, la plupart anglo-saxons (Ronald Harwood, Brian Friel, Eugene O'Neill, Murray Schisgal). Terzieff gagne le Molière du metteur en scène à deux reprises (pour Ce que voit Fox en 1988 et Temps contre temps en 1993) et trois fois celui du spectacle du théâtre privé (Ce que voit Fox en 1988, Temps contre temps en 1993 et L'Habilleur en 2010). Sa dernière interprétation au théâtre est celle de Philoctète, dans une version française écrite par Jean-Pierre Siméon.
Parallèlement au théâtre, il poursuit cependant sa carrière cinématographique, dont trois films avec Claude Autant-Lara (Tu ne tueras point) et La Prisonnière avec Henri-Georges Clouzot. Partenaire de Brigitte Bardot dans À cœur joie, il joue ensuite un rôle de marginal désœuvré dans Les Garçons de Bolognini (1959), film écrit par Pasolini qui lui confie plus tard le rôle du Centaure dans Médée. Sollicité par les meilleurs réalisateurs italiens, Terzieff incarne en 1961 un révolutionnaire dans Vanina Vanini de Roberto Rossellini et apparaît en 1976 dans Le Désert des Tartares de Valerio Zurlini. En France, Luis Buñuel le fait tourner dans La Voie lactée en 1969. Terzieff travaille avec d'autres metteurs en scènes relevant du cinéma d'auteur ou d'art et d'essai, comme Philippe Garrel (quatre films dont Le Révélateur, tourné en plein mai 1968), et Jean-Luc Godard (avec Détective en 1985). Après les années 1980, il se fait plus rare sur les écrans. Il apparaît tout de même dans différents rôles : un trotskiste dans Rouge Baiser, un mineur anarchiste dans Germinal en 1993, et un personnage ambivalent dans Mon petit doigt m'a dit... de Pascal Thomas en 2005
Il remporte le Molière du comédien lors de la 24e cérémonie des Molières, le 25 avril 2010 pour ses rôles dans L'Habilleur (2009) et Philoctète (2009/2010).
Il meurt le 2 juillet 2010 à l'hôpital de la Salpêtrière de Paris à la suite de complications pulmonaires après avoir été souffrant pendant plusieurs semaines.
( Photo © CC Louis Garden 2010 Laurent Terzieff dans Philoctète )

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