Biographie

Collectif constitué de comédiens et metteurs en scène fondé en 2004 présente le spectacle "La Fête" à la Manufacture.

Si les textes sont bien à l’origine du travail dramaturgique de De Quark, ils n’en ont plus la primauté.

Le théâtre est ici vécu comme processus et non plus comme mise en scène d’une ou plusieurs histoires.

On en vient naturellement à évoquer le statut du texte de théâtre et de ce qu’il raconte : une histoire.

Le théâtre qui s’écrit de nos jours, qui se crée avec la volonté d’être en phase avec son époque, remet radicalement en question la notion d’histoire. Il ne cherche pas « à en raconter ». S’il a le souci de dire quelque chose de son époque, c’est rarement par l’épopée d’un personnage ou le récit d’une situation. Il préfère explorer les marges, les croisements et laisser les spectateurs construire leur propre histoire.

Ici, le texte tend de plus en plus à n’être qu’un ingrédient de la représentation parmi d’autres ; en s’articulant avec des mécanismes tels que les installations plastiques, les environnements sonores… se tisse une proposition interdisciplinaire.

Nous voulons créer les conditions pour que quelque chose survienne sur scène et que le « spectateur » en devienne protagoniste.

Nous voulons l’inquiéter, l’inspirer et solliciter son imaginaire.

C’est en adoptant cette attitude, que nous pensons avoir quelque chose à dire du monde.

« ils n’ont rien à dire

mais quelque chose doit être dit

Et ils s’avancent »

(Jon Fosse De l’acteur)

"La Fête":


D’abord, une lecture rapide, un « à plat » du texte

Tout le monde joue à faire La Fête, à fabriquer cette illusion : les comédiens, les personnages, la technique.

La mère est seule à connaître son texte pendant que le père et le fils courent après leurs répliques, comme dépossédés du verbe. Petit à petit, par la langue et l’écriture de Scimone, les acteurs se laisse gagner par le jeu. Apparaît alors un trouble entre réel et fiction. Est-ce une répétition de comédiens, une « italienne », ou la représentation d’une narration parfaitement écrite ?

Des accessoires entrent en scène et construisent l’espace de jeu.

La comédienne cède le pas au personnage de la mère. La lecture semble laisser place à la fiction que raconte le texte.

On découvre ensuite la présence de caméras dans le décor et deux écrans viennent se poster au premier plan, faire un gros plan sur les visages des personnages. Nous assistons simultanément à une représentation théâtrale et à une représentation télévisuelle.

Deux traitements d’une même réalité qui sont aussi deux différentes lectures d’un même texte.

Le zoom télévisuel crée une autre réalité faite d’iconographie publicitaire, de soap-opéra, d’images de surveillance. Un nouveau rapport scénique s’instaure qui vient complexifier les différents rapports entre personnages, comédiens et spectateurs. Qui regarde qui ? Qui se joue de qui ?

L’image nous permet alors de rentrer au plus intime.

Finalement, l'écran qui s’interpose entre comédiens et spectateurs est peut-être une porte d'entrée de cette Fête décalée où l'on rie autant des personnages que des trouvailles scéniques. Un trio burlesque où l’on assiste aux préparatifs d’un événement qui met en abîme sa propre représentation.