Biographie

Mouloud Aounit est un homme politique français, secrétaire général (1989-2004), puis président (2004-2008) du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP).

Depuis 2008, il est l'un des quatre membres du Collège de la Présidence de ce même mouvement.

Il arrive très jeune en France à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis (93). Il obtient en 1974 son baccalauréat au lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers .

En 1976 il obtient un DEUG de sciences économiques à l'Université Paris 13. L'année suivante, il adhère pour la première fois au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). En 1979, à l'occasion de sa maîtrise de sciences économiques, il rédige un mémoire sur « Le coût économique de l'immigration » et développe en parallèle le comité local d'Aubervilliers du MRAP. En 1980, il prépare un DEA en économie des ressources humaines à l'Université Paris 1 et prend pour sujet de mémoire « L'économie de la musique ».

En 1981, il entre au bureau national, l'organe décisionnel du MRAP, puis l'année suivante au secrétariat national, son organe exécutif.

En 1983, Mouloud Aounit fera ses premières armes de militantisme en participant activement à la marche pour l'égalité et contre le racisme, dite « Marche des beurs », dans laquelle il croit beaucoup et qu'il cite comme le début de son véritable engagement politique. La même année, il devient président de la fédération de Seine-Saint-Denis du MRAP.

En 1989, il succède à Albert Lévy au poste de secrétaire général du Mouvement et devient le porte-parole du MRAP jusqu'à nos jours.

En 1996, il devient directeur général de l'Association pour l'insertion sociale et professionnelle des jeunes et adultes d'Aubervilliers (AISPJA), qui s'occupe des 16-25 ans. Il est encore à l'heure actuelle directeur de cette structure d'insertion.

Il est également élu au conseil régional d'Île-de-France, en tant que tête de liste en Seine-Saint-Denis de la liste de rassemblement menée par le Parti communiste français. Jean-Paul Huchon lui refuse cependant la vice-présidence, bien qu'il soit proposé par son groupe, arguant qu'il avait tenu par le passé des « propos contestables ».

En 2007, il décide de soutenir la candidature de Marie-George Buffet à l'élection présidentielle en lui adressant une lettre ouverte.

En 2006, il envisage des poursuites contre un professeur de philosophie, Robert Redeker, alors menacé de mort suite à la publication d'un article qualifié de « tribune très violente consacrée à l'islam » par Le Monde .

En réaction à cet article, Robert Redeker avait reçu des menaces de mort : plusieurs intellectuels français lui avaient alors apporté leur soutien au nom de la liberté d'expression. Le MRAP et Mouloud Aounit, tout en condamnant les intimidations dont il était victime, ont critiqué les propos de Robert Redeker expliquant qu'ils renforçaient les amalgames du type « musulman-fanatique-violent-terroriste » .

Battu (une vingtaine de voix sur 400) lors du vote d'investiture du candidat communiste dans la 3e circonscription législative de Seine-Saint-Denis, Mouloud Aounit a annoncé sa volonté de se porter quand même candidat « au nom de la diversité » et pour représenter selon lui le « candidat des populations issues de l'immigration ». Il ne recueille finalement qu'un peu plus de 3 % des voix.

Estimant qu'il s'agit là d'une « rhétorique communautariste et éthniciste » de la part de Mouloud Aouni, des membres du conseil d'administration du MRAP lui demandent alors dans une pétition de se retirer de la présidence du MRAP. Ces membres estiment que le message du Mrap est altéré « régulièrement et de plus en plus gravement par les déclarations d'un président devenu électron libre » ; l'un d'entre eux, Gérard Kerforn, ajoute : « Nous craignons que le Mrap ne s'égare sur une voie qui n'est pas la nôtre, celle de la défense d'une religion ».

Il a été nommé membre du Conseil national pour l'intégration des populations immigrées en 1993. Il a été nommé au comité consultatif de la Halde en 2005[13], et son mandat de trois ans a été renouvelé en 2008.

Il a été promu chevalier de l'ordre national du Mérite en 2000 puis chevalier de la Légion d'honneur en 2003.