Biographie

Nahal Tajadod est née à Téhéran le 25 février 1960, d’une famille d’intellectuels iraniens ; sa mère, Mahin Djahanbeiglou Tajadod, d’origine kurde, enseignait les langues iraniennes préislamiques à l’université de Téhéran, elle a également écrit des pièces de théâtre et travaillé avec Peter Brook ; son père, fils d’ayatollah, a participé à la Révolution constitutionnelle de 1906, il fut député de l’Assemblée nationale au début du pouvoir de Rezâ Shâh. Républicain, il enleva le turban en 1936, et adopta les vêtements occidentaux et choisit comme patronyme Tajadod, qui signifie « modernité » en persan. Son grand-père, homme politique, a connu Lawrence d’Arabie et a couronné le premier roi d’Irak, Fayçal. Son arrière-grand-père était « source d’imitation », au sommet de la hiérarchie chiite.

Une famille d’érudits, donc, et francophone – ils passaient toutes leurs vacances en France – et après le lycée français, c’est tout naturellement que Nahal Tajadod, âgée alors de 17 ans, vient étudier à Paris. Une installation renforcée par la Révolution de 1979, la confiscation de tous les biens de la famille et l’exil des proches. Elle s’inscrit aux Langues O . pour étudier le chinois « Grâce à la Route de la soie, les idées et philosophies qui ont atteint la Chine du Moyen Age se sont imprégnées de la culture iranienne, les premiers traducteurs de textes bouddhistes en chinois étaient d’ailleurs iraniens. Je me suis ainsi tournée vers cet Orient alors même qu’aujourd’hui, l’Iran continue de regarder vers l’Occident ». Nahal Tajadod est titulaire d’un doctorat de chinois, elle est l’auteur d’une thèse sur « Mani, le Bouddha de lumière », dans laquelle elle commente un texte manichéen écrit en chinois. Elle poursuit ses recherches sur les interactions religieuses entre l’Iran et la Chine ancienne, qui feront l’objet de plusieurs ouvrages. Chercheuse brillante et subtile, spécialiste du poète perse Rûmi , éprise de soufisme et de poésie, elle s’est peu à peu dirigée vers la littérature – en français, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

Son premier roman, Passeport à l’iranienne , un récit contemporain et plein de fantaisie s’inspire d’une aventure autobiographique et donne à découvrir l’Iran d’aujourd’hui.

Debout sur la terre fait le portrait de sa mère, et de l’Iran ; Elle joue paru en 2012, est consacré à l’artiste iranienne Golshifteh Farahani .

De son écriture romanesque, Nahal Tajadod dit pratiquer « un tissage de fils de plusieurs couleurs. On peut suivre un des fils pour le trouver emmêlé ailleurs. Je n’y pense pas vraiment en commençant à écrire, le tissage vient naturellement et se fait par des images. Pour décrire un personnage, il faut que je le voie faire des choses ordinaires, que je puisse l’aimer… J’injecte l’historique après. La vie de mes personnages ne peut être séparée de l’histoire . »

Elle est l’épouse de Jean-Claude Carrière fasciné lui aussi par le monde oriental.


Bibliographie

Elle joue , Albin Michel, 2012

Debout sur la terre , Jean-Claude Lattès, 2010

Les Porteurs de lumière , Albin Michel, 2008

Passeport à l’iranienne , Jean-Claude Lattès, 2007

Sur les pas de Rûmi , avec les dessins de Federica Matta, Albin Michel, 2006

Rûmi le brûlé , Jean-Claude Lattès, 2004

Mani, le Bouddha de lumière , catéchisme manichéen chinois , Le Cerf, 1990

Biographie des services de documentation de Radio-France, décembre 2012

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