Biographie

Nosfell, né le 1er décembre 1977 à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, est un chanteur et musicien de rock français. Nosfell est aussi le nom du groupe dont il est le leader aux côtés du violoncelliste Pierre Le Bourgeois et du batteur Orkhan Murat.

Son nom complet est Labyala Fela Da Jawid Fel qui signifie « celui qui marche et qui guérit ».

Originaire d'Île-de-France, ancien étudiant en langues orientales et ancien caviste, Nosfell gagne la reconnaissance lors de concerts, aussi bien dans l'espace intimiste du cabaret Run-ar-puns que devant le public de l'Olympia (en première partie du groupe Tryo) et même au Parc des Princes (première partie des Red Hot Chili Peppers) ou par la suite du public des festivals des Vieilles Charrues, de Rock en Seine, ou du Festival Indétendances organisé à Paris-Plage à l'été 2005. Lors du Printemps de Bourges, il obtient le prix « Attention talent scène » en 2004.

Après 'Khayidilo , enregistrements en groupe aux humeurs rythmées, le premier album Pomaïe Klokochazia balek sort en 2004 et est auto-produit et auto-distribué avant de faire l'objet d'un contrat avec le label indépendant V2 Music (qui ne prend en charge que les aspects logistiques). En contraste avec les essais précédents, l'album est sensiblement épuré et entremêle des sons, des phrases musicales à l'aide d'une guitare et de sampleurs. Quelques morceaux très riches harmoniquement évoquent avec grandiloquence la puissance mythique de son univers imaginaire : Klokochazia.

En 2010, il collabore au spectacle de danse contemporaine Octopus de Philippe Decouflé, dont il cosigne la musique avec Pierre Le Bourgeois, les deux musiciens interprétant leur musique en direct lors des représentations du spectacle.

ur Pomaïe Klokochazia balek , les influences musicales sont le blues, le folk, le funk, la musique africaine, le scat, le human beatbox, etc.. L'un des aspects les plus originaux du travail de cet artiste est l'utilisation du Klokobetz , une langue inventée dont la structure s'inspirerait notamment du japonais ou de l'allemand. Elle alterne dans ses chansons avec l'anglais et fait partie du mythe de Klokochazia .

Son deuxième album, Kälin bla lemsnit dünfel labyanit est sorti le 23 octobre 2006 et comporte une participation de Bertrand Belin. Cet album sonne plus "sombre" que le précédent. Également, Nosfell y chante pour la première fois en français sur deux chansons.

Son troisième album, Nosfell, sorti le 8 juin 2009 clôt un cycle d'histoires qui avait commencé avec Pomaïe . Cet album, produit par le californien Alain Johannes a un son plus rock que les précédents et est plus mélodique. Josh Homme et Brody Dalle apparaissent ensemble sur le titre Bargain Healers . Daniel Darc est l'autre invité sur ce disque sur le titre La Romance des cruels . La sortie de cet album est accompagné de la publication, le 25 juin, d'un livre CD de Ludovic Debeurme intitulé Le Lac aux Velies , et présentant une illustration écrite et dessinée des histoires que Nosfell raconte sur scène. Les titres présents sur le disque sont des reprises réarrangées avec un orchestre symphonique de chansons des albums précédents.

Wikipédia

  1. On le connaissait en scène, mystérieux oiseau en équilibre sur les harmonies, s’envolant dans les boucles musicales et les danses spasmophiles. Descendu de son aire, affable et volubile, il parle, et élargit notre chant de vision. En 2004, au Parc des Princes, en première partie de stars décaties, Nosfell apparaissait seul, ceint d’un pagne jaune ; bouc luciférien, hululements rauques et jeu de scène épileptique. Fidèle à son image extravagante et inaccessible, il se perchait sur le plus hautes branches des arbres de Klokochazia. Dans cet archipel mental dont l’imagination génère la géographie, les habitants s’engendrent eux-mêmes, comme des notions philosophiques se génèrent entre elles.

L’homme qui chante et le serpent qui danse :

Admiré de ses pairs, Nosfell a aussi collaboré avec des personnalités aussi hétéroclites que Loïc Lantoine, Ezechiel ou les psychédéliques Kafka. Révélation du Printemps de Bourges, sélectionné pour les Victoires de la Musique et le Prix Constantin de la chanson française, il n’a pourtant jamais obtenu des lauriers mérités.

Le personnage échappe aux définitions classiques ; c’est sur les planches qu’il prend toute sa dimension. Il est un serpent qui se défait de sa mue quand il se contorsionne, et de sa réserve quand il chante. Lorsqu’il met son thorax à nu, les étranges tatouages de son flan s’animent, et répondent à l’expressivité primitive de son visage glabre.

De sa bouche sortent alors des voix qui évoquent autant de personnages d’un théâtre vocal. Passant dans la même phrase savamment rythmée du râle métallique à la comptine d’enfant, Nosfell convoque un monde de voix qui se font écho et déclenchent les frissons de la salle. (Nosfell en concert-> http://www.fragil.org/portfolios/918])

De sa bouche sortent des voix qui évoquent autant de personnages d'un théâtre vocal.

Soutenu par son acolyte violoncelliste Pierre Le Bourgeois, le faune déclame ses introspections symbolistes sur des rythmes gutturaux, des envolées de haute-contre dignes de Klaus Nomi, louvoyant comme Mike Patton entre le hurlement et le chant des sirènes. C’est autant dans l’héritage des musiques d’ailleurs, du folk sophistiqué de Joni Mitchell ou des percussions vocales d’Afrique qu’il faut aller chercher des racines de leurs compositions, qui s’appuient sur une noria de machines à boucles et une guitare mi-thyrse, mi-lyre... Pourtant, peu, avant eux, avaient cherché à révéler les accents du chant en les doublant de la voix humaine, si troublante, du violoncelle.

Pas de lauriers mais quelques arbres :

A Allones, près du Mans, il n’y a pas de lauriers, mais des arbres bien réels. Flanqué de Pierre Le Bourgois, Nosfell approche, le crâne lisse, le visage lunaire et le rire timide aux lèvres. Entourés par les pépiements des passereaux printaniers, on découvre avec évidence un homme réservé, courtois, attentionné, et l’immense artiste fait simplement place à un homme sacrément grand !

Tandis qu’il couvre prudemment sa gorge d’une écharpe, Nos’ retrace quelques traits d’une adolescence dans les Hauts-de-Seine, où se croisent des petits boulots bien réels, un père voyageur polyglotte et une intarissable inventivité artistique.

Je me méfie cruellement du premier degré !

Au fond du corps athlétique de cette personne aimablement introvertie, on devine bientôt les souvenirs d’un enfant ‘pas comme les autres’, que viennent hanter des divagations ambiguës, et qu’un amour salutaire pour la musique vient illuminer.

Pourtant, le génie n’est pour rien dans la création de ses deux merveilleux albums. Le chant, la musique, et le Klokobetz sont longtemps restés indépendants les uns des autres. Avant de se transformer en chroniques, les fantasmes de Klokochazia prirent la forme de personnages, de symboles, et de phonèmes obsédants, puis se fondirent dans la musique, au terme d’une décennie de synthèse artistique.

Mythes et figures :

Quelques mots sur sa langue créée de toute pièce, le Klokobetz. On pense évidemment au Kobaïen, la langue du groupe Magma. Erreur, car Christian Vander prône une philosophie diamétralement opposée à celle de l’habitant de Floharlem Middlewel . Seule, la place prééminente de la voix les rapproche. Si la figure récurrente du Maître apparaît dans leurs deux mondes, c’est dans des visées antagonistes : la soumission servile de la masse à la force virile prédomine chez le guru de la Zeül-Muzik, tandis que c’est la quête individuelle qui préside aux explorations illuminées du Klokobetz.

Le troubadour de Bedbeï offre désormais quelques clés pour interpréter ses thèmes de prédilection, parsemés dans des textes pathétiques et beaux : communication, initiation, solitude, amour et destruction. Au coeur de la quête, un personnage -lui-même- parcourt Klokochazia en quête de Maître Günel, et finit par se confronter à cet être ambivalent, cruel et fuyant. Dramatique, voire tragique, le voyage s’avère finalement sans retour. Une parabole de l’âge d’homme ? "Une sorte d’initiation, peut-être..." . La résignation de ses personnages n’est pas celle du charmant Labyala. Reprenant son long sac de plumes, le "serviteur de vos oreilles" reprend sa route. Vers le but de sa quête mythique ? Pour l’heure, simplement vers les loges de la salle Jean Carmet...

Le troisième album est déjà largement pensé ; le mystère reste entretenu sur ce qu’il pourra contenir. Le voyage dans lequel le "fils du renard" entraînera l’auditeur n’est circonscrit que par les limites métaphoriques de son esprit .

Texte : Renaud CERTIN

Photo : Alizée QUELIER

Site officiel de Nosfell

Discographie : Saint-OuenAlbums : Le lac aux Vélies, Nosfell, Khayidilo, plus…Albums :

  • 2003 : Khayidilo (Album EP)
  • 2005 : Pomaïe Klokochazia balek
  • 2006 : Live in Bruxelles (Pomaïe Klokochazia balek agrémenté d'un DVD live)
  • 2006 : Kälin Bla Lemsnit Dünfel Labyanit
  • 2009 : Nosfell
  • 2010 : Octopus (bande originale du spectacle de Philippe Decouflé)
  • 2014 : Amour massif

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