Biographie

« La femme aux mille vies » : intituler ainsi la biographie de Pascale Le Berre est certes tentant, mais ce serait également malvenu. Car le plus remarquable, dans les multiples rencontres qui ont guidé le parcours de cette musicienne sans cesse en mouvement, et dans les multiples talents qui composent sa palette, est que ceux-ci forment bel et bien une seule et même vie, dessinant une trajectoire qui frappe par sa cohérence, et que l’intéressée résume en un mot qui n’est pas anodin : « accomplissement ». « La répétition m'ennuie », ajoute-t-elle. De fait, là où d’autres auraient à sa place choisi de se laisser confire dans un statut d’« ex-star (underground) des eighties », de capitaliser sur l’aura dont continue de jouir son groupe Marc Seberg, jamais Pascale Le Berre n’a cessé au contraire de regarder vers l’avant : chercher à apprendre, à (se) comprendre, à explorer de nouveaux moyens de donner corps à son extrême sensibilité, et cours à une insatiable curiosité. Aiguillonnée autant par un principe de plaisir que par un farouche désir d’indépendance, et par une haute idée de son métier, elle est ainsi devenue une musicienne accomplie (interprète, compositrice, programmatrice, arrangeuse, productrice/réalisatrice) en même temps qu’une artiste protéiforme. Aujourd’hui, toujours engagée et enthousiaste, Pascale Le Berre inaugure un nouveau chapitre de son roman d’apprentissage, qui vient tout naturellement couronner son long compagnonnage avec l’image. Son nouveau projet, qui passe avant tout par la performance : marier ses propres images à sa musique, et faire passer l’ensemble par le filtre de l’humain et de l’instant ; conjuguer ainsi exigence et enthousiasme, faire rimer euphorie et euphonie. Manipulée en direct sur une techno minimale aux accents berlinois, de l’électro-pop racée de Faith au son plus sombre et rugueux de Grief, ses images lui permettent d’instiller à la musique live un propos plus politique (qu’il s’agisse d’une « société du spectacle » de plus en plus obscène ou de cette notion de « genre » qui n’a jamais cessé de la passionner). Comme pour faire danser, et donc dialoguer ensemble Judith Butler et Jeff Mills, David Bowie et Noam Chomsky…

Photo : © Pascale le Berre

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