Biographie

Depuis quarante ans, Patrice Caratini promène sa contrebasse sur les scènes musicales de la planète. Entré en musique par hasard et par affinités à la fin des années soixante, il devient vite un accompagnateur recherché. On peut l'entendre dans les clubs de jazz parisiens avec Johnny Griffin, Kenny Clarke, Lee Konitz, Chet Baker, Alain Jean-Marie, Georges Arvanitas, Dizzy Gillespie ou Martial Solal.Le monde de la chanson et du music-hall le remarque et fait appel à ses talents d'arrangeur. Il apparaît derrière Maxime Leforestier, Georges Moustaki, Lény Escudero, Colette Magny, Pierre Akendengue, Yvan Dautin, Jack Treese, Georges Brassens, Renaud, Henri Salvador ou Raymond Devos.À la fin des années soixante-dix, il participe, avec le guitariste Marc Fosset, au renouveau du jazz en France en formant un duo guitare-contrebasse qui fera le tour de l'Europe.Début 1980, il invente le Onztet, orchestre avec lequel il enregistre l'album Endeka qui influencera toute une génération de musiciens. Durant la même décennie, il élargit le champ de ses aventures musicales aux musiques populaires, en associant le duo Caratini/Fosset avec l'accordéoniste Macel Azzola et en créant le trio Mosalini/Beytelmann/Caratini qui renouvelle le langage du tango.Il fonde une maison de production éphémère avec laquelle il produira ces deux trios ainsi qu'un album d'Henri Texier et un autre de Richard Galliano. Dans la même période, il fait le tour des États-Unis avec le violoniste Stéphane Grappelli, écrit une musique de film pour Pierre Richard et travaille comme arrangeur pour quelques téléfilms.Au début des années quatre-vingt-dix, il s'implique dans la vie associative et l'action culturelle. En 1992 il participe à la création de l'Union des Musiciens de Jazz. En 1993, il invente, avec la Scène nationale de Sénart une expérience pionnière inspirée de la décentralisation théâtrale : la Scène et Marnaise de Création Musicale, avec laquelle il organisera une centaine de concerts à domicile.À cette époque, il est souvent demandé comme chef d'orchestre sur des projets mêlant des univers musicaux différents. Il dirige l'ensemble Sillage, dans la création sur scène de l'œuvre d'André Hodeir, Anna Livia Plurabelle (le Quartz, Brest), l'Orchestre Philharmonique de Radio France sur un projet réunissant le brésilien Cesarius Alvim avec le contrebassiste américain Eddie Gomez (festival Présences, Radio France). Il dirige aussi l'Orchestre National de France dans un projet conjoint avec l'ONJ de Didier Levallet ou la musique écrite par Martial Solal pour le film de Bernard Blier, Les acteurs.En 1997, il recentre ses activités et décide de se consacrer à un projet unique : il fonde, à Sceaux, aux Gémeaux, le Caratini Jazz Ensemble pour lequel il écrit chaque année un ou deux programmes nouveaux. Il monte des projets qui vont du jazz contemporain au bal populaire et invente des partenariats avec des formations comme l'Orchestre National d'Ile de France, l'Orchestre Lamoureux, la Camerata de Bourgogne ou l'Orchestre National de Montpellier. Il se rapproche aussi de la musique contemporaine en montant des projets communs avec la Muse en circuit, l'ensemble Ars Nova de Philippe Nahon ou l'ensemble Court-Circuit du compositeur Philippe Hurel.Il publie en 2007, avec la chanteuse Hildegarde Wanzlawe, un album dédié à la chanson française réaliste et en 2009 un album consacré aux musiques de la Caraïbe et de l'Amérique Latine : « Latinidad ».Il vient de faire paraître chez Universal Music un nouvel opus consacré à la biguine : Chofé Biguine La.Plusieurs fois primé par l'Académie du jazz, l'Académie du disque français, les mensuels Jazzman et Jazzmag et les Djangos d'or, Patrice Caratini a reçu en 2005 le prix du cinquantenaire de l'Académie du jazz, en 2007 le grand prix du jazz de la Sacem et en 2008 le Django d'or de la création.