Biographie

Latiniste de formation, Pierre Mounier a fait sinuer mon parcours universitaire entre plusieurs disciplines : les études littéraires, l’anthropologie, les sciences de l’information et de la communication. Mais c’est l’émergence puis l’explosion des technologies numériques à partir de la fin des années 90 qui ont déterminé son investissement professionnel. En 2000, il a fondé Homo Numericus, magazine puis portail d’information et de réflexion sur les relations entre nouvelles technologies et société. Quelques années plus tard, il a créé une cellule d’édition électronique à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon ce qui lui a permis de conjuguer sa formation de sciences humaines et sa passion pour Internet. Enfin, il a rejoint Revues.org et le Centre pour l’édition électronique ouverte, d’abord comme formateur puis comme directeur adjoint.

Tout au long de ces années, il a continué à alimenter Homo Numericus, qui s’est enrichi d’un blog, Blogo Numericus, écrit en collaboration avec Marin Dacos. Aujourd’hui, il s’intéresse plus particulièrement à l’histoire du cyberespace.Humanités et technologies numériques ; voilà le centre de gravité autour duquel s’organise son parcours. La perpétuation d’une tradition intellectuelle et culturelle par delà les ruptures qu’engendre la révolution numérique est à mon sens un des défis les plus importants de notre époque. Car toutes les expériences historiques de tabula rasa se sont soldées par un retour à la barbarie. Comment faire vivre l’Iliade et l’Odyssée sur les nouveaux supports de diffusion de la culture ? La sagesse de Montaigne est-elle audible dans le cyberespace ? Comment écrire A la Recherche du temps perdu à l’ère d’Internet ? Ces questions, qui sont loin d’être résolues par la simple opération de la numérisation, seront déterminantes pour notre avenir parce qu’elles auront des implications sur la forme que prendra notre vie culturelle, nos relations sociales, notre environnement politique dans les années à venir. Quel aspect est en train de prendre la Cité Numérique ? Quelles sont ses promesses et ses dangers ? Comment la façonner d’une manière qui nous satisfasse collectivement ? comment empêcher que nous ne construisions inconsciemment notre propre enfer technologique ? Peut-on concevoir un humanisme numérique ? C’est sur ces questions qu'il travaille et essaie d’apporter ma contribution.