Biographie

Pierrette-Rita SOUMBOU

Son diplôme de troisième cycle universitaire en gestion et économie, Pierrette-Rita Soumbou ne l’a jamais mis au service d’une grande banque congolaise, comme ses parents l’espéraient. Non, elle a préféré utiliser ce bagage pour aider son quartier, les Hauts de Rouen, et les femmes qui y vivent. Elle a atterri aux Sapins par hasard en 1982. Aujourd’hui c’est une figure du quartier. Souvenirs: « Dans cette tour de Babel, la souffrance sociale était telle qu’il était impossible de ne pas s’engager ». Pour Pierrette-Rita, ça passera par la création d’Asifa, l’association interculturelle des femmes actives.L’insertion sociale des femmes dans un quartier sensible et laminé par le chômage: un credo difficile qu’elle ne lâchera plus. Elle résume la donne: « En Afrique, les femmes participent activement à l’économie, mais ici, comment travailler quand on ne sait ni lire ni évoluer dans la sphère publique? Pour certaines, aller rive gauche, c’était un sacré périple. ». Alors, via des ateliers, Pierrette-Rita va leur apprendre « à être actives de leur propre destin, à ne pas être dépendante de l’homme ». En révélant des talents de cuisinière, coiffeuse… Et en parlant, beaucoup. De « mariage forcé, de contraception, d’excision ». Dans le quartier, où le système patriarcal est roi, les dents grincent parfois… Pierrette-Rita, elle, taille sa route.En 1995, elle met sur pied Initiative Femmes Développement pour « soutenir celles qui veulent monter un projet ». La création en 1995 du restaurant associatif Plein Sud, au Châtelet, en découle. Celle, récente, d’un salon de coiffure, également.Sur le terrain depuis vingt-six ans, Pierrette-Rita dit « avoir vu les choses avancer, mais lentement. Il y a toujours une conquête à faire. » Signerait-elle aujourd’hui pour le même parcours? Oui, répond-elle sans hésiter, avant de conclure sur ses jolis mots: « J’ai été transplanté sur les Hauts de Rouen et j’ai pris racines. »

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