Biographie

Née le 8 octobre 1971 à Istanbul dans une famille engagée à gauche, fille d’Ayla Selek, pharmacienne et d’Alp Selek ,avocat défenseur des Droits de l’Homme, Pinar Selek fait ses études secondaires au lycée francophone d’Istanbul, Notre Dame de Sion. En 1992, elle rejoint l’Université de Mimar Sinand d’Istanbul où elle poursuit des études en sociologie. En parallèle, elle enquête sur les discriminations dans la société turque et va à la rencontre des exclus. En 1995, elle co-fonde « L’Atelier des Artistes de la Rue ». Elle s’intéresse également à la transformation des organes de presse à travers son mémoire de licence "Babiali à Ikitelli : de l’odeur de l’encre aux immeubles de grande hauteur du quartier d’affaires". En 1997, elle obtient son DEA de sociologie avec un mémoire intitulé « La rue Ukler : un lieu d’exclusion », une recherche menée entre autres sur des travestis, les enfants des rues ou les homosexuels. Ce travail est publié en 2001 sous le titre « Masques, cavaliers et nanas. La rue Ukler : un lieu d’exclusion ».L’universitaire engage également des recherches à travers des entretiens sur la minorité kurde. Le 11 juillet 1998, elle est arrêtée et torturée parce qu’elle refuse de livrer l’identité des militants kurdes qui collaboraient à ses recherches, pour avoir résisté, elle est accusée de complicité dans un attentat à Istanbul. Incarcérée pendant deux ans et demi, elle est libérée en 2000 et organise à Diyarbakir une grande « Rencontre des femmes pour la paix ». En 2001, elle co-fonde l’association féministe « Amargi » pour lutter contre les violences faites aux femmes. Harcelée par la justice turque, elle est acquittée à trois reprises en 2006, 2008, et en 2011. Elle choisit de prendre le chemin de l’exil en 2011, en Allemagne d’abord, puis en France où elle est doctorante à l’université de Strasbourg. Le 23 janvier 2013, elle est condamnée à la prison à vie par la cour pénale d’Istanbul, une condamnation annulée par la cour de cassation le 11 juin 2014 qui ordonne un nouveau procès. Depuis sa dernière condamnation le ministère de la justice turque réclame son extradition. Pour que cesse l’acharnement politico-judiciaire, un mouvement de solidarité internationale et de soutien à Pinar Selek s’est constitué avec l’appui entre autres des institutions universitaires, des organisations internationales et des collectifs.Bibliographie sélective

  • Travailler avec ceux qui sont en marge (Socio-logos 2010)
  • Loin de chez moi mais jusqu’où ? (iXe 2012)
  • La Maison du Bosphore (Liana Levi 2013)
  • Devenir un homme en rampant (L’Harmattan 2014)

Biographie de la Documentation de Radio France, le 09/07/2014

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