Biographie

Issu d'une famille calviniste du Valais (Suisse), Richard Descoings naît en 1958 à Paris de parents médecins.

Il effectue ses études secondaires aux lycées Montaigne, Louis-le-Grand et Henri-IV, avant d'obtenir le baccalauréat en 1976.

Après une classe préparatoire littéraire, il étudie à l'Institut d'études politiques de Paris de 1977 à 1980 dont il sort diplômé de la section Service public. Admis après trois tentatives à l'École nationale d'administration (ENA), il y est élève de 1983 à 1985 et, classé parmi les premiers de la promotion Léonard-de-Vinci, choisit d'entrer au Conseil d'État.

Il est auditeur au Conseil d'État, affecté à la section du contentieux, de 1985 à 1989. Il enseigne également le droit public à l'IEP de Paris en tant que maître de conférences, où il devient en 1987 conseiller d'Alain Lancelot, puis en 1989 directeur adjoint.

En 1988, il est nommé maître des requêtes affecté aux sections du contentieux et des travaux publics, et est de 1988 à 1989 conseiller juridique du ministre de la Culture, de la Communication, des Grands Travaux et du Bicentenaire. De 1988 à 1991, il est rapporteur général à la Commission d'accès aux documents administratifs. En 1991, il devient conseiller technique pour les questions d'éducation au cabinet de Michel Charasse, ministre délégué au Budget.

Au printemps 1992, il devient chargé de mission dans le cabinet de Jack Lang au ministère de l'Éducation nationale et de la Culture, où il est responsable des questions budgétaires de l'Éducation nationale.

De 1993 à 1996, il est rapporteur général adjoint à la section du rapport et des études du Conseil d'État et participe à la mission sur les responsabilités et l'organisation de l'État, et il devient en 1995 commissaire du gouvernement près le Conseil d'État. En 2000, il est nommé conseiller d'État.

Au moment de l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, plusieurs journaux ont évoqué la possibilité d'une nomination de Richard Descoings à la tête d'un secrétariat d'État où il aurait été responsable des questions liées à l'égalité des chances et à la discrimination positive.

Le 12 janvier 2009, il est chargé par Nicolas Sarkozy de mener une concertation en vue de préparer une nouvelle réforme du lycée.

Richard Descoings est membre du club Le Siècle .

Directeur adjoint de l'institut d'études politiques de Paris de 1989 à 1991 et membre du conseil de direction depuis 1995, il succède en 1996 à Alain Lancelot en tant que directeur de l'institut et administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques.

Ses premières réformes à l'IEP (internationalisation de l'IEP, allongement de la scolarité à cinq ans) ne font pas débat.

Les suivantes, plus controversées, font de lui un personnage médiatique auquel on prête l'intention de faire carrière en politique :

  • En 2001, il décide de créer une filière d'accès à l'établissement qu'il dirige pour les élèves issus des zone d'éducation prioritaire (ZEP). Cette mesure suscite un important débat sur la discrimination positive, l'organisation universitaire de droite UNI dépose plusieurs recours devant le Tribunal administratif et la Cour administrative d'appel de Paris et réussit à faire annuler le 6 novembre 2003 le dispositif et à faire condamner l'IEP dans un arrêt de formation plénière. L'IEP se voit alors enjoint par la Justice de résilier l'ensemble des conventions ZEP et est même condamné à payer 1.500 euros à l'UNI au titre des frais de procédure (CAA Paris plén. 6 nov. 2003). Contrairement à ce qui avait été déclaré à la presse avant le prononcé de l'arrêt de la Cour (déclaration dans le Monde du 24 octobre 2003), l'IEP n'ose pas se pourvoir en cassation devant le Conseil d'État. Mais malgré cette victoire juridique de l'UNI, qui faisait suite à une réserve d'interprétation du Conseil Constitutionnel de 2001 défavorable à l'IEP (décision n° 2001-450 DC), le vote postérieur d'une nouvelle délibération par le conseil de direction de l'IEP fait finalement échouer la tentative de faire annuler les Conventions éducation prioritaire (CEP) passées avec des lycées de ZEP.
  • En 2004, il augmente les frais de scolarité. Les élèves dont les parents ont les plus hauts revenus devant payer jusqu'à 5150 euros (par an en 2007/2008). À la rentrée 2005, les syndicats UNEF et IDÉE, respectivement de gauche et de centre-droit, ont lancé une campagne contre l'augmentation des droits de scolarité. Par ailleurs, il met en place un système amélioré de bourses d'étude.
  • Le 8 février 2005, il reçoit Condoleezza Rice à la FNSP. Elle y prononce le seul discours de sa première tournée européenne en tant que Secrétaire d'État américain.
  • Les 18 et 19 février 2005, alors que l'Assemblée Nationale a voté à l'unanimité, avec le soutien de François Fillon, ministre de l'éducation, une généralisation à toutes les universités et grandes écoles de la possibilité d'accompagner les élèves issus de milieux modestes pour leur permettre de mieux réussir leurs études supérieures et de favoriser l'ouverture sociale (extrait d'un article de Monde du 19 février 2005), il obtient que le gouvernement recule et fasse annuler ce vote, dans le but de maintenir le dispositif des conventions ZEP qui avait été écarté par l'ensemble des acteurs du monde de l'éducation (Le Parisien du 19 février 2005). Cet épisode fait prendre plusieurs années de retard à une généralisation des dispositifs d'accompagnement pour une meilleure ouverture sociale de l'enseignement supérieur.
  • 2006 marque l'année de sortie de la première promotion comprenant des élèves admis par le biais de CEP. Leur nombre augmente chaque année avec de nouvelles conventions signées avec d'autres lycées, parallèlement à une augmentation générale du recrutement.
  • Lors des élections étudiantes de janvier 2009, l'UNI Sciences Po lance une pétition contre la suppression du concours d'entrée à Sciences Po. Au cours du Talk-Orange-Le Figaro, il explique qu'aucune suppression n'est envisagée pour 2010 mais que la question se posera à l'avenir.
  • Le 16 décembre 2009, il se voit décerner le prix de la carpette anglaise pour avoir obligé les élèves à suivre de nombreux cours en langue anglaise, en n'imposant pas aux étudiants étrangers la maîtrise de la langue française pour intégrer l'école et en organisant de nombreuses conférences et colloques en anglais dans les locaux de l'Institut, sur fonds publics et en toute illégalité.

Distinctions :

  • 1997 : Chevalier de l'ordre national du Mérite
  • 2001 : Chevalier des Palmes académiques
  • 2005 : Chevalier de la Légion d'honneur
  • 2009 : Prix de la carpette anglaise

Il est également commandeur de l'ordre de Rio Branco (Brésil).

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