Biographie

« Fille de l’exil » , Ronit Matalon est née en 1959, à Ganei Tikva, un quartier pauvre de la banlieue de Tel Aviv. Un père juif d’origine syrienne, une mère juive d’origine italienne, qui se rencontrent et se marient au Caire , puis partent vers la Terre dite promise en 1949… Et connaissent le désenchantement des séfarades … Ronit bataille pour suivre des études et intègre, malgré les barrages sociaux, l’université de Tel Aviv, où elle suit des études de littérature et de philosophie. Elle travaille ensuite comme journaliste pour la télévision, puis pour le quotidien de gauche Haaretz , pour lequel elle est correspondante en Cisjordanie et à Gaza durant la première Intifada et actuellement critique littéraire.

Sur les encouragements d’Abraham B. Yehoshua , elle se consacre très vite à la littérature en publiant des nouvelles, un livre pour enfants A Story that begins with a Snake’s Funeral , adapté au cinéma, puis un premier roman, autobiographique et photographique De face sur la photo (1995). Traduit en américain, il est élu, en 1998, « meilleur livre étranger de l’année » par le New York Times . Son second roman, Sarah, Sarah (2000) évoque la situation des Palestiniens et fait débat en Israël « Je suis très critique vis-à-vis des éléments fascistes qui se développent dans la société israélienne », déclare-t-elle. Militant aux côtés de l’association pour les droits civiques en Israël , elle a lancé, en 2003, une pétition demandant l’ouverture d’une enquête sur l'assassinat du leader palestinien Salah Shehade.

Aujourd’hui, elle enseigne la littérature comparée et hébraïque à l’université de Haïfa, ainsi que l’écriture de scénario à l’école de cinéma Sam-Spiegel de Jérusalem. Elle est également membre du Forum pour la culture méditerranéenne à l’Institut Van Leer.

« A travers l’hébreu, qu’il soit littéraire ou qu’il s’agisse de la langue de la rue, je présente ma famille, et brise la notion d’Israël comme seul lieu de vie possible pour les juifs. Et par là même le monopole d’une langue unique. Les juifs ont vécu dans un monde cosmopolite , et tout leur univers géographico-politique s’est écroulé. Mais dans cette brisure, il y a aussi de la joie et de la vitalité. Car les cultures se rencontrent dans la cassure. J’appartiens au miracle de la langue hébraïque , qui est devenue mon unique demeure

Paru en 2008, et salué par la critique israélienne comme le roman le plus important des dix dernières années en Israël, Le Bruit de nos pas (éd. Stock, 2012) est son premier (et pas le dernier, espérons-le ! ) roman traduit en français.

Photo © CC Radio France

Bibliographie des services de documentation de Radio France, septembre 2012

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