Biographie

Né à Newton (Massachusetts) le 28 mars 1940 Russel Banks est l’aîné de quatre enfants, et a grandi à Barnhead (New Hampshire). Il vient d’une famille ouvrière, à la lisière de la pauvreté. Son père, plombier et alcoolique a souvent de brusques flambées de violence. C’est ainsi que, dès l’âge de six ans, il commence à se raconter des histoires afin d’échapper aux violences de ses parents qui divorceront six ans plus tard. Mais pour l’écrivain qu’il est devenu, il ne s’agit pas d’une fuite mais tout simplement une façon « d’approcher la réalité au-delà du temps ». Ces violences, il lui faut les maîtriser et les canaliser : qu’il s’agisse de racisme, de colonialisme ou d’oppression familiale, son œuvre suit ce fil conducteur. Il met d’ailleurs en scène des personnages issus de l'Amérique profonde, survivant à force de combines et de petits boulots. Affliction (1989) est l’ouvrage qui rassemble ces thèmes : les violences intimes et les souffrances d’un certain prolétariat américain. C’est en pensant à son père qu’il l’a écrit.

En 1958, Banks entre à l'université, qu'il quitte au bout de huit semaines, mal à l’aise dans ce milieu d’enfants de riches. Il décide de partir pour Cuba rejoindre Fidel Castro. Il n’ira pas plus loin que la Floride, où il vit quelque temps de petits boulots. Il voyage dans le Yucatán puis en Jamaïque, se marie, a un enfant. Il revient dans le New Hampshire et travaille un temps comme aide-plombier auprès de son père. Puis il décide de reprendre ses études. En 1967, il obtient à l'université de Caroline du Nord un diplôme de littérature anglaise qui va lui ouvrir une carrière universitaire, à Sarah Lawrence puis à Princeton. Il évoque cette trajectoire dans une biographie Success Stories (Histoire de réussir, 1986). Ses premiers textes seront définis comme des « métafictions » quelque chose du gothique des contes de Nathaniel Hawthorne ( Le livre de la Jamaïque , 1980 puis Trailer Park , 1981) puis apparaît en filigrane sa propre biographie et l’Amérique sombre de la lutte des classes, de l’oppression sociale et de la violence faite aux pauvres (Continental Drift , 1985 ou The Rule of Bone , 1995). Il renoue ainsi avec la tradition de Dos Passos, Steinbeck, ces grands romanciers du social et des fractures. D’autres ouvrages - Pourfendeur des nuages , 1998 », Un ange sur le toit , 2000, American Darling , 2005) - suivront qui interrogent le rêve américain, le remette en cause car selon lui « la culture américaine est celle de l’acceptation, de la croyance aveugle en son destin »(Books)

De 2000 à 2003, il a succédé à Wole Soyinka et à Salman Rushdie à la présidence du Parlement international des écrivains, chargé de défendre les écrivains victimes de persécution. Au cinéma, l’écrivain a collaboré à l’adaptation de ses propres livres comme The Sweet Hereafter (De beaux lendemains , 1997), réalisé par Atom Egoyan, ou Affliction (1997), par Paul Schrader. Il a travaillé aussi avec Francis Ford Coppola, qui souhaitait depuis longtemps porter à l'écran Sur la route , le roman légendaire de Jack Kerouac. Membre de l’American of Arts and Letters, Russell Banks est très engagé politiquement n’hésitant pas à critiquer ouvertement son gouvernement. Il a pris notamment position contre l’intervention en Irak et contre le Patriot Act.

Bibliographie sélective

Les romans de Russell Banks sont publiés aux éditions Actes Sud.

  • Lointain souvenir de la peau , 2012
  • Amérique notre histoire , entretien avec J. M. Meurice,2006
  • Hamilton Stark , 2008
  • La réserve , 2008
  • Œuvres romanesques Vol. 1, Actes sud, 1999

Biographie de la documentation de Radio France le 16/03/2012

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