Biographie

Sabine Weiss est née à Saint-Gingolph (Suisse) le 23 juillet 1924.  Elle a fait de la rue sa cour de récréation, son jardin secret, son terrain d'évasion. Il en résulte une ...

Sabine Weiss est née à Saint-Gingolph (Suisse) le 23 juillet 1924. 

Elle a fait de la rue sa cour de récréation, son jardin secret, son terrain d'évasion. Il en résulte une œuvre monumentale, inclassable, qui ne se résume pas à ces clichés du Paris de l'après guerre.

"C'est son regard qui vous frappe tout de suite. Doux, vif, volontiers espiègle, cette façon qu'elle a de vous mettre en confiance, vous savez sans effort. Cheveux mi longs, Oeil clair derrière ses grandes lunettes. Quelque chose de volontaire, tellement d'allure. Un esprit d'indépendance que l'on pourrait presque qualifier de farouche." Voilà comment Augustin Trapenard décrivait Sabine Weiss lorsqu'il la rencontre pour l'émission Boomerang en novembre 2020

Les débuts

Elle a 11 ans lorsqu'elle achète son premier appareil. Ses premiers modèles furent sa mère, sa soeur et la tortue Javotte. A la mort de sa mère, elle quitte la maison pour s'installer en Suisse allemande ou elle travaille et apprend la langue. Elle a 17 ans. 

Elle apprend le métier à Genève au studio Boissonnas. Touche à tout, c'est à cette époque qu'elle met au point un système qui n'est pas sans rappeler le "selfie" : "J'avais demandé à mon père, qui était très bricoleur, de me faire un miroir, avec un trou au milieu, pour que je puisse mettre mon objectif jusque dans le trou. Ce miroir était sur un support et les gens, quand je les photographiais, se voyaient exactement." 

Son diplôme en poche, elle ouvre en 1945 son propre atelier, avant de partir définitivement pour Paris en 1946. Elle y devient l'assistante du photographe de mode Willy Maywald.

Pour moi, la photo n'est pas un art. Je ne crée pas. Je témoigne de ce que je vois. 

Quelques repères biographiques

En 1950, elle épouse le peintre américain Hugh Weiss et commence à exercer comme photographe indépendante. En 1952, Robert Doisneau lui propose de le rejoindre au sein de l'agence Rapho, qui gère aussi le travail de Willy Ronis ou Edouard Boubat. Elle fréquente les milieux artistiques dont elle immortalise de nombreux visages (Stravinski, Casals, Britten, Dubuffet, Léger, Giacometti, Raushenberg…). 

En 1955, Edward Steichen sélectionne trois de ses clichés pour l'exposition mythique "Family of Man" au MoMa de New York. Elle effectue de nombreux travaux de commande, navigant entre mode, reportage et publicité. Elle peut ainsi poursuivre des recherches plus personnelles, qui illustrent la condition humaine et rattachent son oeuvre au courant de la photographie humaniste. 

Ses images ont fait l'objet de nombreuses expositions à travers le monde. On les retrouve dans des collections prestigieuses (MoMa et Metropolitan Museum of Art de New York, Centre Georges Pompidou, Art Institute de Chicago, Museum of Modern Art de Kyoto…). 

Officier des Arts et des Lettres depuis 1999, Sabine Weiss a reçu en 2010 les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur.

En 2020, elle reçoit le Prix Women In Motion pour la photographie pour l’ensemble de sa carrière.

Expositions individuelles récentes

  • "Instants fugaces" (Bordeaux, Base sous-marine, 2013)
  • "Le Geste" (Paris, Galerie Guillaume, 2012)
  • "Tajiri" (Nimègue, Musée Het Valkhof, 2012)
  • "Des Enfants" (Martigues, 2012)
  • "L'Inde" (Pomerol, 2012)
  • "Des enfants" (Montpellier, Galerie Saint Ravy, 2011)
  • "Toujours en mouvement !" (Paris, Galerie Guillaume, 2011)
  • "Photographies des années 50" (Aix-la-Chapelle, Musée Aachen, 2011)
  • Rétrospective « Chère Sabine », 'Salon de la photo, Paris Expo, 2014)
  • "Déclics - 9 photographes en hommage à Sabine Weiss" (Paris, Maison européenne de la photographie, 2015)

Site officiel

Biographie de la Documentation de Radio France - Mise à jour Novembre 2020

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