Biographie

THE STRYPES

La première chose qu’on remarque quand on voit The Strypes en concert, c’est la puissance scénique du groupe, qui se pavane en rugissant comme un bon vieux groupe de rhythm & blues pur et dur.

La seconde chose qu’on remarque, c’est le public : un peu partout où il passe, le groupe remplit les salles, et de nombreuses rock stars se pressent pour les voir jouer.

La troisième chose qu’on remarque, c’est leur âge. The Strypes sont un véritable phénomène. Les quatre garçons, qui ont entre 15 et 17 ans, ont la technique de vieux musiciens aguerris, le résultat mérité d’années de travail à parfaire leur art dans des pubs irlandais, des hôtels et des salles de spectacle, et à souvent jouer pendant deux ou trois heures d’affilé. « La philosophie des groupes de pub irlandais, c’est de jouer pendant très longtemps, ou alors ça veut dire que tu n’es pas bon », explique le guitariste Josh. « Parfois, il n’y avait que cinq spectateurs, et tout ce qu’ils voulaient, c’était entendre ‘Whiskey In The Jar’ (ndt : air traditionnel), continue le batteur Evan. « Alors on a mis au point une stratégie pour qu’ils nous remarquent : on jour super FORT ! »

Le bassiste Pete O’Hanlon, le batteur Evan Walsh et le guitariste Josh McClorey se connaissent depuis toujours. Ils ont grandi ensemble à Cavan, une gentille petite ville ouvrière près de la frontière avec l’Irlande du Nord. Et depuis toujours, ils fouillent dans la collection de disques de leurs parents.

C’est le nez plongé dans les sillons noirs des albums vinyle de leurs géniteurs qu’ils sont devenus fans d’artistes que leurs amis ne connaissaient souvent pas, comme Doctor Feelgood, Dave Edmunds, Howlin’ Wolf, Bo Diddley, Muddy Waters et ‘Baby Face’ Leroy Foster. Ils peuvent en parler pendant des heures avec enthousiasme : « nous avons commencé par écouter les artistes signés sur Stiff Records, les Stones et des groupes des années 60, et ensuite on a écouté des tas d’autres trucs avant de passer aux années 50, puis 40, puis 30, puis 20… », explique Ross.

Ce ne sont pas des snobs qui ne jurent que par le rétro : ils aiment Jack White, The Black Keys, Arctic Monkeys, Jake Bugg, Miles Kane et bien d’autres, mais ils se considèrent comme aux antipodes des artistes de X Factor et de la pop préfabriquée. « L’émission X Factor ne montre pas des gens qui veulent devenir artistes et partager leur musique, mais des gens qui veulent devenir riches rapidement et avoir leurs quinze minutes de célébrité », commente le bassiste Pete. « Il n’y a pas de satisfaction artistique, il s’agit juste de franchir les étapes de la célébrité pendant deux mois ou deux ans. C’est complètement artificiel. »

En tombant amoureux de cette musique, les quatre garçons ont commencé à faire ce que des générations entières de fans de blues avaient fait avant eux : ils se sont mis à jouer cette musique, en formation guitare/basse/batterie. Le chanteur Ross Farrelly, le dernier à rejoindre le groupe, a été recruté après une performance solo lors d’une soirée où le trio était également programmé. Il a commencé à porter des lunettes de soleil Ray Ban lors du premier concert du groupe, après quoi l’image est restée. « J’ai commencé parce que j’étais nerveux : je les ai mises pour ne pas voir le public, explique-t-il. Ensuite, c’est devenu une habitude. Sur scène, je deviens quelqu’un d’autre. »

A force de tourner un peu partout en Irlande dans leur camionnette reconvertie pour handicapés, The Strypes ont fini par se faire remarquer. Ils sont passés au Late Late Show, ont commencé à tourner à l’étranger, et grâce à leurs tenues élégantes, ils ont fini par retenir l’attention d’un découvreur de talents de la compagnie de management d’Elton John. « Il nous a d’abord remarqués dans une station de métro », raconte Pete.

Les trois membres les plus âgés du groupe ont quitté l’école en fin de quatrième l’été dernier. Sur le papier, le chanteur Ross est toujours scolarisé, mais la folle année que vient de vivre le groupe l’a un peu détourné de ses études. Et plus l’année 2012 avançait, plus les choses sont devenus surréalistes. Elton John a personnellement appelé les garçons pour leur annoncer qu’il allait leur offrir un contrat. Chris Difford de Squeeze est devenu leur mentor. Et en 2012, Noel Gallagher est venu les voir jouer, ils ont rencontré Jeff Beck, et Paul Weller les a invité à assurer sa première partie avant d’avouer : « Il n’y a pas longtemps, j’ai vu ce groupe, The Strypes, et ils m’ont bluffé. Ils ont un putain de guitariste. Ca met la barre drôlement haute ! »

Le groupe a déjà rencontré ses héros musicaux, et ça ne les impressionne pas. « Ce sont tous des gens normaux, commente Josh. Je crois que c’est ce que je préfère chez eux. C’est comme si on rencontrait n’importe qui, ils sont tous super sympas, sincères, et ils ont un talent ENORME. »

Le groupe a quelque chose en commun avec la plupart d’entre eux : un profond amour du blues. C’est pourquoi The Strypes ont mis au point un set balèze de reprises d’artistes peu connus en-dehors du cercle des afficionados. « Ces chansons sont fantastiques, et c’est notre façon de perpétuer la tradition du blues : ce ne sont pas seulement des reprises, mais des réinterprétations qu’on a envie de faire découvrir au public, explique Pete. C’est en quelque sorte notre mission : pas d’éduquer le public, parce que ça donnerait l’impression que nous nous croyons supérieurs, mais de faire découvrir aux gens qu’il y a beaucoup de bonne musique si tu veux en écouter. »

Maintenant qu’ils sont signés chez Mercury, The Strypes se préparent à enregistrer leur premier album, et sont entrain d’écrire de nouveaux titres à ajouter à la liste de ceux qu’ils jouent en live, comme « Mystery Man » et « Blue Collar Jane ». « L’album sera un mélange de reprises et de titres originaux, confie Evan. Et il fera du bruit ! »

Malgré leur âge, et malgré l’excitation qui les entoure, les membres du groupe gardent les pieds sur terre. « Il y a des tas de conneries qui vont avec la célébrité et le music business (l’alcool, la drogue et tout le reste), mais nous, ce qui nous intéresse, c’est la musique », dit Pete. « Les gens s’intéressent un peu à nous parce que nous sommes signés, mais si ça n’avait pas été le cas, on donnerait quand-même toujours des petits concerts à Cavan, conclut Josh. On se fout de devenir célèbre. Ce qu’on veut, c’est jouer du rhythm & blues. »

Source & photo : Label Mercury

http://thestrypes.com/