Biographie

Acteur, auteur, réalisateur, producteur Toni Gatlif parcourt tout le cycle de la création audiovisuelle sous le signe de la culture gitane. Né en 1948 dans la banlieue d’Alger, il est le fils d’un algérien et d’une gitane andalouse. Toni trouve le chemin de l’école par le biais original du cinéma : en effet, en 1954, un instituteur inspiré créé un ciné-club suscitant l’intérêt des enfants. Toni découvre alors un monde qui semble inaccessible mais de ces premiers contacts naîtra son envie de devenir acteur. Lorsqu’à 12 ans, sa famille tente de le marier à une fillette qu’il ne connaît pas, il refuse et s’en va vivre comme cireur de chaussures en ville. De là, il fera la route rejoignant la France et glissant vers la délinquance. Seconde rencontre déterminante, celle de Michel Simon en 1966 lui donnera l’impulsion pour entrer dans le métier. Pendant sept ans, il fera du cinéma, du théâtre et de la télévision tout en ayant une sainte horreur d’être dirigé. Un jour, il abandonne tout et devient scénariste. Son premier film La rage aux poings tourné par Eric Le Hung en 1973 évoque sa période difficile en maison de correction. Sa double origine va imprégner ses films suivants : La terre au ventre (1978) évoque la guerre d’Algérie, Les Princes se penche sans concession sur les Gitans sédentarisés en région parisienne. Familier de la marginalité, il réalise Rue du départ (1986), histoire d’une fugue puis un conte « Pleure pas my love » (1988) où le réalisateur se révèle véritable peintre des sentiments. En 1990, il réalise une comédie sociale intitulée Gaspard et Robinson . Retour aux sources gitanes et musicales avec Latcho Drom en 1992, mi-film mi-documentaire dédié aux Roms (et à la musique tzigane) que l’auteur suit durant un périple d’un an entre l’Inde, le Rajasthan, l’Egypte, la Roumanie, la Hongrie et la France. Le dernier film de sa trilogie sera Gadjo Dilo (Léopard d’argent au Festival du film à Locarno, 1997) avec Romain Duris et Rona Hartner. Entre temps il a signé une comédie dramatique ( Mondo ,1994) inspirée d’une nouvelle de J.M. G. Le Clézio et deux documentaires dédiés à la musique pour la télévision Lucumi, le Rumbero et I Muvrini . Après un détour par la case Marginalité avec le film Je suis née d’une cigogne où il retrouve le comédien Romain Duris, Toni Gatlif s’empare du flamenco avec Vengo mettant en scène le célèbre danseur Antonio Canales. Le film obtient le César 2001 de la meilleure musique écrite pour un film. C’est au cœur d’une communauté manouche sédentarisée à Strasbourg qu’il tourne Swing en 2001, une œuvre imprégnée de jazz manouche évoquant un sujet rare et difficile : la déportation des gitans. Et pour la première fois son film Exils prend place au cœur de la sélection du festival de Cannes en 2004 : Toni Gatlif filme les enfants d’exilés à la recherche de leurs racines ouvrant les portes d’une confrérie soufie et remportant le prix de la mise en scène. Liberté en 2009 reçoit le prix du public et le Grand prix des Rencontres cinématographiques de Cannes. En 2013, il tourne (en grande partie à Perpignan) un long métrage intitulé Géronimo avec comme acteurs principaux Céline Sallette, David murgia, Rachid Yous et Naillia Harzouna, une nouvelle histoire ancrée dau sein des communautés turques et gitanes (sortie 2014).

Filmographie

  • 1973 : Max l'indien (court métrage)
  • 1975 : La Tête en ruine
  • 1978 : La Terre au ventre
  • 1981 : Corre gitano
  • 1981 : Canta gitano
  • 1983 : Les Princes
  • 1985 : Rue du départ
  • 1989 : Pleure pas my love
  • 1990 : Gaspard et Robinson
  • 1993 : Latcho Drom
  • 1995 : Mondo
  • 1997 : Gadjo Dilo
  • 1998 : Je suis né d'une cigogne
  • 2000 : Vengo
  • 2001 : Swing
  • 2004 : Paris by Night, court-métrage du film Visions of Europe
  • 2005 : Exils
  • 2006 : Transylvania
  • 2010 : Liberté
  • 2014 : Géronimo

Biographie de la Documentation de Radio France, septembre 2014

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