Biographie

BIO

Tony Paeleman est depuis plusieurs années déjà reconnu par les passionnés de jazz et ses pairs comme l’un des virtuoses de sa génération.C’est sans doute parce qu’au-delà de son talent éclatant, il nourrit depuis toujours sa musique de multiples influences et fait aussi appel à ses émotions les plus intimes.Après plusieurs tournées et autres collaborations fructueuses dans et hors du jazz (O.N.J, Offering, Vincent Peirani, Olivier Bogé, Emile Parisien, Karl Jannuska, Sonia Cat-Berro…) il sort un premier album « Slow Motion » en forme d’aboutissement et de nouveau départ pour ce jeune trentenaire qui joue du piano depuis qu’il a cinq ans.

Repéré par un professeur d’éveil musical qui lui trouve -déjà !- d’excellentes dispositions, le jeune pianiste est encouragé par la tradition musicale familiale du côté maternel : son arrière-grand-père fut premier violon de l’Opéra de Nice, et c’est son grand-père violoniste et pianiste qui le conduit à ses premières leçons de piano. C’est entre autres sur cette notion d’héritage que reposent la motivation et la persévérance qui l’amèneront finalement à faire carrière dans la musique.

Si à la maison on écoute Led Zeppelin, Pink Floyd et Michael Jackson, l’apprentissage se fait d’abord par la musique classique. Le style de Tony Paeleman va évoluer dans le temps, se façonner au rythme des cours, des virées à la médiathèque et même de la bande-son FM, mais les grands compositeurs classiques resteront une source d’inspiration constante. C’est en entrant au collège que le Niçois se met véritablement au jazz, d’abord avec les standards de Broadway des années 30 puis la découverte des maîtres du genre comme Bill Evans, Oscar Peterson, Herbie Hancock, Keith Jarrett, Chick Corea.Adolescent doué, très vite il commence à créer sa propre voix. A 19 ans il entre au Conservatoire de Nice et en ressort diplômé quatre ans plus tard. Il trouve assez facilement du travail dans plusieurs groupes de la région où il reprend avec bonheur des standards de Stevie Wonder, Prince et Tower of Power.Mais le jazzman tourne en rond. Son envie de progresser et de gagner en maturité le décide à rejoindre la capitale et relancer les dés.Le choc est rude mais excitant, la remise en question salvatrice. Elle est déjà en quelque sorte sa marque de fabrique. Car si Tony aime avant tout s’amuser, se dépasser, se surprendre au piano, il n’hésite surtout jamais à bousculer ses acquis. L’autre grande force du jeune pianiste est justement que pour arriver à ses fins, pour toucher au plus près son art, il est aussi capable de discipline absolue et signe pour quatre ans de plus au Département Jazz et Musiques improvisées du prestigieux Conservatoire National Supérieur de Paris.

A sa sortie du CSNM -auréolé de la mention Très bien- il forme en parallèle de ses projets de jazz le groupe électrique « 117 Elements » avec son ami bassiste Julien Herné dans lequel il joue du Fender Rhodes, son autre instrument de cœur.Son ouverture d’esprit, son goût éclectique, sa curiosité sincère sont autant de traits de caractère qui ont façonné sa manière de jouer, mélange rare de douceur et de férocité. Que ce soit ce qu’il écoute -du hip-hop à la pop-rock, de Radiohead à Rage Against The Machine – ou les nombreux voyages qu’il a effectués grâce au piano –du Venezuela à la Russie en passant par la Nouvelle Orléans- Tony trouve naturellement de quoi enrichir et renouveler sa propre vision du jazz.

Son premier album Slow Motion met la barre très haut car non seulement la performance est remarquable entre Paeleman et les trois amis de talent qu’il y a invités (Julien Pontvianne, Nicolas Moreaux et Karl Jannuska), mais aussi car il nous ouvre les portes d’un univers à part.Dans cet ensemble très cinématographique, on oscille entre imagination foisonnante et motifs rythmiques qui peuvent évoquer une sorte de transe. On peut citer pêle-mêle Bill Carrothers, Brad Mehldau, Aaron Parks ou-même Steve Reich parmi ses inspirations, mais la force créatrice de Tony déborde largement du cadre, chaque morceau évoque un paysage virtuel qui vous emmène très loin ou au contraire vous ramène au plus profond de vous–même.Les morceaux s’enchaînent et s’enroulent, la mélodie se fait tour à tour lancinante et entraînante, sensuelle et spirituelle, toujours lumineuse. « Architecte sonore » comme le dit si justement Pierre de Bethmann, Tony Paeleman installe une atmosphère unique que ce soit dans l’alternance répétitive d’un accord majeur puis mineur sur « Pandore », ou dans l’impression d’apesanteur de « Dark Matter » qui évoque sa fascination pour l’univers spatial. Landscape est un ostinato élégant et cependant un peu sauvage, et qui vous place soudain seul au milieu de nulle part, ivre d’espace, touchant l’infini.Enfin Tony Paeleman met de l’intime partout tant dans sa relation organique au piano que derrière chaque titre où se place un souvenir, un rêve, une intention, une conviction. Il y a aussi deux clins d’œil musicaux dans cet album, l’un à Thelonious Monk (Coming on the Hudson), l’autre à Paul Motian (Slow Motion).

Slow Motion, loin d’être une simple ode à la lenteur, fait partie de ces albums qu’on réécoute sans jamais se lasser car il apaise tout en laissant affleurer les sens et les sentiments à la surface de l’âme.

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