La négociation salariale à l'embauche est une pratique courante chez les cadres. Portés par un contexte favorable sur le marché du travail, ils sont 62% à aborder la question lors de l'entretien, selon une enquête publiée ce mercredi par l'Apec.

Dans 90% des entretiens d'embauche, les cadres sont questionnés sur leurs prétentions salariales.
Dans 90% des entretiens d'embauche, les cadres sont questionnés sur leurs prétentions salariales. © Getty / Image d'illustration

Ils sont en position de force sur le marché du travail : les cadres connaissent, en France, une situation de plein emploi, avec un taux de chômage d'à peine 3,5%, selon le baromètre Expectra, filiale du groupe Randstad. Vu le peu de main d'œuvre, le contexte est favorable à la surenchère salariale. Une enquête publiée par l'Apec (Association pour l'emploi des cadres), ce mercredi, montre que dans 62% des cas, les cadres cherchent à négocier leur salaire, quand ils changent d'entreprise.

S'il est devenu monnaie courante, le jeu de la négociation n'en est pas moins délicat. Il y a, en entretien, un certain malaise à aborder le nombre d'euros sur la fiche de paie. Selon l'Apec, cette difficulté "est plus prégnante lorsque les candidats se trouvent en situation de faiblesse du fait de leur âge ou de leur situation professionnelle (reconversion ou en recherche d'emploi)." Les cadres, plus expérimentés et rompus à l'exercice, eux, sont plus enclins à négocier leur salaire.

Plus de la moitié des cadres obtiennent satisfaction

L'enquête révèle qu'il n'y a "pas de règle unique" en la matière, mais des pratiques très diverses. "Certains cadres annoncent une fourchette au recruteur avec un seuil minimum en deçà duquel ils n'accepterons pas de descendre", quand d'autres se réfèrent à leur précédent salaire pour tenter d'obtenir plus. Ils mettent en avant l'expertise qu'ils peuvent apporter à l'entreprise et leur connaissance du secteur.

Les recruteurs, à l'inverse, pointent "la présence de grilles salariales ou d'avantages comme les RTT et intéressements" pour éviter de faire monter les enchères. Mais globalement, les pratiques de négociation portent leurs fruits. "47% des cadres qui ont abordé le sujet du salaire en phase de préembauche ont obtenu un salaire équivalent à celui demandé, auxquels s'ajoutent les 11% de cadres qui ont même réussi à obtenir davantage."

Pas de réelle différence entre les hommes et les femmes

Les femmes cadres sont 59% à avoir essayé de négocier leur salaire à l'embauche.
Les femmes cadres sont 59% à avoir essayé de négocier leur salaire à l'embauche. / Infographie Apec

Selon l'Apec, il n'y a "quasiment pas d'écart entre les hommes et les femmes cadres ayant essayé de négocier leur salaire". Chez les hommes, 63% le font, contre 59% chez les femmes. Et les pourcentages sont à peu près les mêmes en ce qui concerne celles et ceux qui obtiennent gain de cause. 

En revanche, l'enquête montre que les inégalités salariales hommes-femmes persistent. Les hommes cadres gagnent 16% de plus que les femmes cadres, en médiane (tel que la moitié des salariés gagne moins et l'autre moitié gagne plus) brute annuelle de salaire.

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