C'est un déclin de plus en plus marqué : de 1970 à 2016, le déclin moyen des populations de 4.000 espèces de vertébrés sauvages a été de 68 %. Il était de 60 % deux ans plus tôt, 58 % quatre ans plus tôt. Le WWF s’inquiète de cette chute, évoquant notamment ses conséquences sur la sécurité alimentaire mondiale.

Le macareux moine, l’une des espèces en déclin en France
Le macareux moine, l’une des espèces en déclin en France © Pal Hermansen, WWF

En 2020, les humains sont deux fois plus nombreux qu’en 1970. Les animaux, eux, ont subi la tendance inverse : selon un rapport du WWF publié ce jeudi, les populations de vertébrés sauvages ont chuté de 68 % sur la même période.

Pour obtenir ce chiffre, l’ONG se base sur l’Indice Planète Vivante, calculé par la Société zoologique de Londres. Il suit les données scientifiques sur 21.000 populations de plus de 4.000 espèces différentes de vertébrés, et ses résultats "dépassent les prévisions", selon le WWF. 

Une baisse qui est particulièrement importante chez les espèces vivant en eau douce. Il faut dire que depuis 1700, 90 % des zones humides ont été détruites. Et les conséquences s’accélèrent : 84 % des populations vivant en eau douce ont disparu en 50 ans.

En France, certaines espèces sont directement menacées de disparition : le rapport cite par exemple l’anguille européenne, "victime de la surpêche, de la pollution ou encore du braconnage des civelles (les anguilles juvéniles)" ; le macareux moine, "en danger critique d'extinction" ; le coucou commun ou le moineau domestique, qui ont perdu respectivement 30 et 60 % de leurs populations.

La disparition de ces populations d’animaux varie aussi d’une région du globe à l’autre. La pire situation est enregistrée en Amérique du Sud, avec un déclin de 94 %. En Europe (Russie incluse), il n’est "que" de 24 %.

Au-delà de l’appauvrissement de la biodiversité, le WWF s’inquiète aussi pour les humains. "Les pressions que nous exerçons sur la nature à travers nos modes de consommation et de production sont des menaces directes pour notre santé, assure l’ONG dans un communiqué. Elles sont en grande partie à l’origine de la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19. La destruction des écosystèmes et la perte de biodiversité font aussi porter un risque considérable sur la sécurité alimentaire mondiale […] Enfin, le déclin de la nature a un coût : le WWF estime que les impacts économiques pourraient s’élever à plus de 479 milliards de dollars par an."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.