Les nouvelles versions du jeu vidéo Pokémon sont lancées en grande pompe ce vendredi. Un événement mondial, qui prouve que Pikachu a réussi à traverser les générations. À noter : certains joueurs un peu âgés, qui pouvaient avoir honte, assument aujourd'hui complètement.

La galaxie Pokémon séduit les enfants comme des trentenaires, voire des quadragénaires.
La galaxie Pokémon séduit les enfants comme des trentenaires, voire des quadragénaires. © AFP / Michael Reynolds

Pikachu, 23 ans et pas une ride. Ce vendredi sortent les toutes dernières versions de la licence Pokémon, disponibles sur la console portable Nintendo Switch : Pokémon Épée et Bouclier. Devant les magasins de jeux vidéo, des millions d’enfants et d’adolescents dans les starting-blocks. Mais aussi beaucoup de trentenaires, voire des quadragénaires : force est de constater que Pokémon est l’un de ces phénomènes de pop-culture qui traversent les générations.

Un immense effet nostalgie

Quentin, alias "Fildrong", 30 ans, dont la chaîne YouTube est spécialisée en stratégie Pokémon, peut en témoigner. "C’est l’une des licences les plus attachantes. Ce jeu, c’est un peu un passage obligé quand on est enfant, et l'enfance est un moment où l'on vit les choses beaucoup plus intensément : il y a un phénomène de nostalgie qui est énorme avec Pokémon", analyse le YouTubeur aux 225 000 abonnés. "Aujourd’hui, la communauté qui joue à Pokémon est certainement plus vieille que celle qui joue à des jeux en ligne comme Fortnite ou même à Minecraft : les gens ont grandi avec et ont continué à y jouer."

Je suis le porte-étendard du vieux barbu qui perd ses cheveux mais qui joue encore aux jeux, qui est tellement passionné qu’il en a fait son métier", s'amuse Fildrong 

Ce n’est qu’il y a quelques années que Fildrong a commencé à assumer et embrasser pleinement sa passion : aujourd’hui, il gagne sa vie grâce à ses vidéos sur Pokémon. "Quand on vieillit, on assume plus facilement. Finalement, les gens qui ont beaucoup de mal à admettre qu’ils aiment Pokémon ont entre 13 et 18-20 ans, une période où le regard des autres pèse beaucoup". D’ailleurs, à l’époque, le YouTubeur avait lui-même délaissé les bestioles japonaises : "Je n’osais pas trop assumer, je pensais qu’il fallait jouer à des "jeux d’adulte", où il y a du sang, de la violence ou des histoires plus complexes."

"Le jeu complet est un véritable kraken à dompter"

Loup Lassinat-Foubert, auteur du livre "Générations Pokémon", remarque bien cette "honte" de certains adultes, une honte "au même titre que plusieurs titres Nintendo présentés comme enfantins, dans un contexte sociétal occidental, mais absolument pas d’un œil japonais par exemple."

Cantonner Pokémon a un jeu pré-pubère serait "oublier tout l’aspect stratégique et mathématique de la licence, qui aide beaucoup de joueurs à se revendiquer comme fans et à se poser en experts, le jeu complet étant un véritable kraken à dompter", objecte Loup Lassinat-Foubert. "Ça force le respect d’un point de vue extérieur. Certains sites sont d’ailleurs construits sur l’idée que "Pokémon c’est pas que pour les enfants", à l’image de Pokémon-Trash. Il y a aussi une scène de tournois très vivante."

Les championnats du monde "junior" de Pokémon se sont tenus cette année à Washington.
Les championnats du monde "junior" de Pokémon se sont tenus cette année à Washington. © AFP / Brendan Smialowski

Une recette qui marche à tous les coups

Loup Lassinat-Foubert livre la recette du phénomène : "Les piliers fondamentaux reposent sur trois ingrédients magiques : la collection, l’échange et la rareté", note-t-il. "L’idée est d’agrandir et perfectionner son cheptel en capturant à chaque fois de nouvelles espèces, en découvrant de nouvelles techniques, de nouveaux combos..."

Les sites dédiés à Pokémon, les chaînes YouTube et la constitution de grosses communautés de fans en ligne ont achevé de "décomplexer" ceux qui pouvaient se sentir gênés : "C’est beaucoup plus facile d’assumer que tu joues à un jeu quand il y a quelqu’un que tu trouves cool sur YouTube, qui y joue aussi" lâche Fildrong, le YouTubeur.

Pokémon, c'est aussi un univers qui a réussi à se diversifier. Il y a Pokémon Go, jeu sur smartphone sorti en 2016, succès fulgurant qui s'est depuis un peu estompé. Pokémon Let's Go, une version plus abordable et enfantine, qui permet notamment aux enfants d'avoir un premier contact avec la licence. Sans oublier le "Pokémon trading card game" : des milliers de cartes à jouer à l'effigie des monstres colorés, que les plus jeunes s'échangent sous le préau de la cour de récré et que les plus âgés collectionnent avec passion. Avec tous ces produits dérivés, sans oublier un marketing implacable, gageons que Pikachu a encore de beaux jours devant lui.

Bonus : parce que Pokémon, c'est aussi un dessin animé

Pour vous, les nostalgiques : le premier épisode est juste là. 

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