Les syndicats de Pôle emploi réclament idéalement 1 500 recrutements dans l'immédiat. Objectif : être capable de faire face à l'afflux imminent de demandes d'emploi.

"En France, on annonce une destruction de 600.000 à 900.000 postes d’ici la fin de l’année", alerte le représentant CFDT au CSE central de Pôle emploi.
"En France, on annonce une destruction de 600.000 à 900.000 postes d’ici la fin de l’année", alerte le représentant CFDT au CSE central de Pôle emploi. © AFP / Pascal Guyot

La crise du Covid-19 a changé la donne et les objectifs de chômage en dessous des 7 % semblent bien loin. Pôle emploi s'attend à une grosse vague de nouveaux chômeurs à la rentrée. Des forces vives sont réclamées, promises depuis des mois mais dans les agences on s'impatiente, car pour l'instant personne ne voit rien arriver. Pour Pôle emploi le défi est de taille : réorganiser les effectifs de manière à gérer au mieux la grosse vague qui s'apprête à déferler et dont les conseillers commencent à ressentir les premiers remous.

Pôle emploi "entre le marteau et l'enclume"

Pôle emploi va donc scruter à la loupe les annonces du plan de relance du gouvernement, présenté début septembre. Il faudra que les renforts soient suffisants et qu'ils viennent surtout sans tarder. "En France, on annonce une destruction de 600 000 à 900 000 postes d’ici la fin de l’année", alerte David Vallaperta, le représentant CFDT au CSE central de Pôle emploi : "Actuellement, on est un peu entre le marteau et l’enclume."

Le marteau, comprendre le coronavirus : "D'un côté, on a la crise sanitaire du Covid-19. Nous nous sommes engagés avec la direction de Pôle emploi pour faire en sorte que l’ensemble des services soit de nouveau accessibles dans toutes les agences."

Mais il y a également, l'enclume de la hausse du chômage, note David Vallaperta, qui va provoquer un afflux de demandes : "Il va nous falloir être en capacité de recevoir dans de bonnes conditions à partir de la rentrée. Pour que ces renforts soient opérationnels, il faut bien évidemment les recruter mais aussi les former, les accompagner", souligne-t-il : "Cela fait plusieurs semaines que nous demandons à ce que ces recrutements soient effectifs le plus rapidement possible."

Réorganiser les effectifs pour gérer au mieux la vague

"Tout le monde est en ordre de bataille", confirme un membre de la direction joint par France Inter. Mais faute de savoir à quelques jours de la rentrée sur combien de personnes supplémentaires l'organisme pourra compter, Pôle emploi planche depuis plusieurs semaines déjà sur les plannings.

La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a promis fin juillet de l'aide aux agents de Pôle emploi. L'arbitrage doit revenir à Bercy. Idéalement, les syndicats espèrent 1 500 recrutements tout de suite, la même chose en octobre-novembre. Cette dernière période pourrait d'ailleurs être encore bien plus critique, selon les prévisions de l'organisme public.

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