Dernier grand oral des candidats à la présidentielle lors d'une soirée spéciale jeudi soir sur France 2, au moment même où une attaque terroriste avait lieu sur les Champs-Élysées.

Les onze candidats étaient réunis pour la dernière fois à la télévision avant le premier tour de l'élection présidentielle
Les onze candidats étaient réunis pour la dernière fois à la télévision avant le premier tour de l'élection présidentielle © AFP / Martin BUREAU

Europe, chômage, Éducation, VIe République et terrorisme. Les onze candidats à l'élection présidentielle se sont succédés sur le plateau de France 2 jeudi soir pour dérouler leur programme, une ultime fois à la télévision avant le premier tour du scrutin, un grand oral bousculé par un échange de tirs survenu dans la soirée sur les Champs Élysées.

Chacun avait, en plus des questions de David Pujadas et Léa Salamé, plusieurs moments pour aborder une thématique qui leur importe, à commencer par un objet, qu'ils poseraient sur leur bureau à l'Élysée, puis une carte blanche, qui n'a rien eu de surprenant.

Terrorisme pour Marine Le Pen, fin de la monarchie présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon, Éducation et formation pour Emmanuel Macron... Des thèmes entendus en long et en large tout au long de la campagne, sans réelle prise de risque de la part de favoris qui souhaitaient rassurer les électeurs. Jean-Luc Mélenchon insiste : "Je ne suis pas un homme de pagaille" a lancé le candidat de la France insoumise.

Pas de débat, donc peu d'attaques

Les quatre candidats donnés favoris par les sondages se sont montrés présidentiables, sans prise de risque ni attaque frontale. En revanche, Benoît Hamon, qui dévissait la semaine dernière, s'est montré le plus offensif, s'attaquant à deux reprises à François Fillon, mais aussi à Jean-Luc Mélenchon. Le candidat socialiste a dénoncé la volonté du candidat de la France insoumise de tourner le dos à l'Europe. Il a aussi critiqué le candidat LR sur son intention de réduire le nombre de fonctionnaires.

Enfin, il a aussi dénoncé une campagne "où le spectacle a tellement pris le pas sur la démocratie qu'on a des candidats qui veulent choisir leurs journalistes", une allusion, qu'il ne prend pas la peine de déguiser, aux derniers propos de François Fillon, le candidat ayant refusé une interview au Monde parce qu'il ne souhaitait pas que ses affaires y soient évoquées.

Nicolas Dupont-Aignan s'en est pris lui aussi à François Fillon, relatant un échange de SMS avec un "grand patron de presse français industriel", soutien de François Fillon, lui demandant de se retirer de la présidentielle, en échange d'une levée de "censure" dans son média.

Un dernier affrontement télévisé perturbé par l'attaque sur les Champs Elysées.

Une heure environ après le début de l'émission, alors que le candidat NPA s'apprête à entrer à son tour en plateau, Léa Salamé et David Pujadas relaient l'information qui bruisse déjà sur les réseaux sociaux : un policier est tué et un autre blessé par arme à feu, l'assaillant neutralisé. A ce moment précis, les forces de l'ordre qui bouclent les Champs Élysées, à Paris ne sont pas en mesure de préciser les motivations de l'attaquant, mais tout de suite, la question de la sécurité et du terrorisme s'impose plus fortement.

Philippe Poutou d'abord, interrogé juste après l'annonce, assez tardive, de la situation à Paris, justifie sa volonté de désarmer la police de proximité.

Une prise de position qui lui vaut d'enflammer quasi immédiatement la twittosphère, et même d'être pris à parti, dès la sortie du débat, par des policiers en uniforme :

Emmanuel Macron, qui lui succède sur le plateau, réagit dès les premières minutes et rend hommage aux victimes de l'attaque.

Dernier à s'exprimer dans cette première partie d'émission, François Fillon a annoncé annuler les derniers déplacements prévus vendredi dans le cadre de la campagne. Une annonce également faite, hors plateau, par la candidate frontiste Marine Le Pen.

François Fillon appelle à suspendre la campagne

Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, Benoît Hamon et Dupont-Aignan ayant été interrogés avant l'annonce de la fusillade, ils n'ont pu s'exprimer sur le sujet en première partie d'émission. Ils l'ont en revanche fait lors de leurs 2 minutes et 30 secondes de conclusion, juste après l'annonce d'une revendication par le groupe État islamique.

Jean-Luc Mélenchon, d'abord, a adressé une pensée émue aux familles des victimes. Il a également averti que ces attaques ne doivent pas "menacer la démocratie".

Pas de polémique chez les autres candidats, mais une promesse pour Emmanuel Macron : "Je veux vous protéger". La candidate Nathalie Arthaud a quant à elle appelé à ne pas faire d'amalgame. Pour Benoît Hamon, Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau, le message rendait hommage aux victimes et à leurs proches.

Marine Le Pen, qui avait fait du terrorisme le sujet majeur de sa carte blanche pendant l'émission, a réitéré pendant sa conclusion, annonçant une nouvelle fois l'annulation de son déplacement vendredi à Monceau-les-Mines. François Fillon, qui avait lui aussi annoncé annuler ses déplacements, a plaidé pour une suspension de la campagne électorale, en solidarité aux policiers victimes des tirs.

► REVOIR | La conclusion de chacun des onze candidats

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