Après l'annulation du scrutin de juin dernier, la première législative partielle depuis l'élection d'Emmanuel Macron a lieu ce week-end dans la première circonscription du territoire de Belfort. Face au député LR destitué Ian Boucard, le candidat Modem-LREM a reçu le soutien de François Bayrou et Christophe Castaner.

Christophe Grudler, soutenu par François Bayrou et Christophe Castaner, jeudi soir à Belfort
Christophe Grudler, soutenu par François Bayrou et Christophe Castaner, jeudi soir à Belfort © Maxppp / Simon Daval

En juin dernier, Ian Boucard, candidat Les Républicains, avait été élu au siège de député de la première circonscription du Territoire de Belfort avec quelques voix d'avance sur son adversaire MoDem-République en Marche. Mais le scrutin a été annulé par le Conseil constitutionnel, car l'équipe du candidat LR avait distribué des faux tracts du Front national et de la France insoumise appelant à voter pour lui.

Sept mois plus tard, on prend donc les mêmes et on recommence : ce week-end, la première élection législative partielle du quinquennat Macron voit s'affronter Ian Boucard, à nouveau candidat LR et son adversaire pour la majorité, Christophe Gruckler. Dans cette élection qui prend des formes de premier test national pour la majorité, Christophe Gruckler a reçu le soutien de François Bayrou et du délégué de La République en Marche Christophe Castaner, qui lui ont tous deux rendu visite à l'occasion d'une réunion publique jeudi soir.

Leçon de République exemplaire

Devant les 350 partisans présents dans la salle, le candidat de la majorité a torpillé son adversaire : "Le député sortant a triché pour se faire élire, et en plus il a le culot de se représenter comme si de rien n'était". Derrière son intervention, François Bayrou a retrouvé ses habits de professeur pour vanter la République exemplaire... et tant pis si lui-même a démissionné du ministère de la justice pour des soupçons d'emplois fictifs aux MoDem. Quant à Christophe Castaner, il en appelle aux électeurs :

"J'appelle à donner à la France une leçon d'éducation civique (...) en sanctionnant la fraude"

Pas de quoi intimider l'intéressé, Ian Boucard (LR), qui estime : "Mon adversaire n'a fait campagne que là-dessus, c'est son seul argument de campagne". "Les électeurs ont des problématiques différentes : on parle d'Alstom, du taux de chômage, de l'insécurité, de tout un tas de choses, mais pas de cela". 

Nouveau monde et vieux briscards ?

A 29 ans, Ian Boucard préfère ironiser sur le nouveau monde d'Emmanuel Macron : un candidat à Belfort vieux briscard de la politique locale, une majorité à Paris, essentiellement docile : "C'est vraiment l'occasion de renforcer l'opposition ; la majorité est pléthorique, ils sont tous à appuyer sur le bouton sur lequel on leur dit d'appuyer, un de plus, un de moins, ça ne changera rien"

Face à eux, huit autres candidats briguent le siège à l'Assemblée nationale : Jean-Raphaël Sandri pour le Front national, Sophie Montel pour Les Patriotes, Yves Fontanive pour Lutte Ouvrière, Anaïs Beltran pour la France insoumise, le Parti communiste et le MRC, Arthur Courty pour le Parti socialiste, Julie Kohlenberg pour Debout la France, Jonathan Vallart pour l'UPR et Vincent Jeudi pour Europe Ecologie Les Verts. 

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