À Berlin, Nicolas Sarkozy plaide pour une autre Europe
À Berlin, Nicolas Sarkozy plaide pour une autre Europe © MaxPPP
**Nicolas Sarkozy a prôné ce vendredi à Berlin "l'abandon de pans entiers" des compétences actuelles de l'Union européenne pour pouvoir accueillir de nouveaux pays et la réconcilier avec ses citoyens.** L'ancien président français a effectué son grand retour sur la scène européenne dans la capitale allemande, où il alonguement rencontré en tête-à-tête Angela Merkel avant de prononcer un discours sur les relations franco-allemandes et l'avenir de l'Europe devant la fondation Konrad Adenauer, le cercle de réflexion du parti de la chancelière, la CDU. Il a pris soin de souligner que cela ne signifiait pas qu'il avait décidé de rompre avec la - relative - discrétion qu'il s'est imposée sur la scène politique nationale, même si son entourage et les médias multiplient les indices sur sa volonté de concourir à la prochaine élection présidentielle : > Je n'ai aucune intention de mettre un terme à la période de recul de toute activité politique que j'ai souhaitée. ### L'amitité franco-allemande ? "Un trésor commun" **Son discours a été marqué par une ode à l'amitié franco-allemande bâtie après la Seconde Guerre mondiale. Le reportage de Lise Jolly à Berlin.**
"C'est notre trésor commun, un trésor sacré, inestimable. Sans cette amitié, il y aurait eu d'autres guerres, il y aurait eu d'autres affrontements", a-t-il estimé dans sa première intervention de ce type depuis l'élection de François Hollande. "Ce trésor est fragile, nous en sommes les gardiens, pour le protéger il n'y a qu'une façon d'agir, il faut le renforcer." Cela passe selon lui par l'intégration de la zone euro, et notamment la mise en place de son gouvernement économique, qui doit être piloté par les deux pays parce que "le leadership n'est pas un gros mot, le leadership c'est un devoir". Mais Nicolas Sarkozy prône parallèlement de réduire les compétences de l'Union européenne pour qu'elle puisse rapidement accueillir et ainsi stabiliser les pays des Balkans, toujours fragiles selon lui, dans une Europe à 32 voire 35 pays. ### "L'Union européenne doit cesser d'exaspérer les citoyens" Pour y parvenir l'UE doit, a-t-il ajouté, se concentrer sur sa priorité, être un grand marché unique, une vision proche de celle du Premier ministre britannique David Cameron qui entend obtenir un rapatriement des compétences à Londres avant un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l''Union. "L'Union européenne doit renoncer à la prétention de tout réglementer et de tout régenter, ce n'est pas cela qui était le message des pères fondateurs", a-t-il dit. "L'Union européenne doit cesser de perdre du temps, de perdre de l'énergie et par-dessus tout de perdre de la crédibilité sur des sujets qui ne relèvent pas à l'évidence de sa compétence." Il a estimé que le désamour vis-à-vis de la construction européenne était dû à ce comportement intrusif. "L'Union européenne doit cesser d'exaspérer les citoyens, l'Union européenne doit cesser d'exaspérer les entreprises par des réglementations toujours plus incompréhensibles sur des sujets sans cesse plus secondaires", a-t-il souligné. Les solutions qu'il propose sont radicales : > Nous devons donc assumer (...) l'abandon de pans entiers d'une activité communautaire d'aujourd'hui qui gagnerait grandement en lisibilité si elle se concentrait sur sept ou huit grandes politiques européennes. Parmi lesquelles : l'industrie, la recherche, l'énergie, l'agriculture ou encore la concurrence.
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