La France reprend son rôle dans la lutte anti-terroriste : le 21 janvier, l’imposant navire français a entamé une nouvelle phase maritime en Méditerranée orientale (Moyen Orient), au sein de la coalition de lutte contre Daech (l'opération "Inherent resolve", menée par les Américains). Nous avons pu monter à bord.

Un Rafale de la Marine sur le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle en février 2020
Un Rafale de la Marine sur le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle en février 2020 © Radio France / Nathalie Hernandez

Visite éclair, ce mardi 18 février, de Florence Parly sur le porte-avions français au large de Chypre. La ministre des Armées est venue s’entretenir avec les marins du Charles-de-Gaulle, en mission en Méditerranée orientale dans l’opération Chammal (le nom de cette mission pour les forces françaises). La lutte contre le terrorisme dans la région irako-syrienne reste la priorité, malgré l’instabilité en Irak et les offensives du régime syrien. Bien au contraire, il était même temps pour la France de reprendre les opérations de la coalition internationale.

Le groupe aéronaval est actuellement constitué du porte-avions Charles-de-Gaulle, dont un groupe aérien composé de 20 Rafale et de deux Hawkeye, des frégates Chevalier Paul, Auvergne, Bretagne et Surcouf, du pétrolier ravitailleur Var et d’un sous-marin nucléaire d’attaque.  Une frégate américaine et une frégate grecque participent également à cette mission de trois mois.

En mer depuis plus de trois semaines, le Charles de Gaulle et ses 2000 marins ne chôment pas : avec six sorties par jour des 20 chasseurs Rafale, sans compter les avions radar ou encore les frégates qui escortent le porte-avions. Les opérations contre le terrorisme reprennent bel et bien, confirme le commandant du groupe aérien Christophe Charpentier. Il s’agit notamment de "montrer aux terroristes qu’il y a quelqu’un au dessus de leur tête, la simple présence d’avions de chasse maintient une réelle pression", explique le capitaine de frégate.

Vue du pont du porte-avions Charles-de-Gaulle, en février 2020
Vue du pont du porte-avions Charles-de-Gaulle, en février 2020 © Radio France / Nathalie Hernandez

Une opération qui ne "doit pas devenir anti-Iran"

Grâce au Charles-de-Gaulle, les missions ont été multipliées par deux. De quoi recueillir foule d’images et de renseignements. Tous sont précieux pour déceler où se cachent les combattants de Daech.

Car même s’il n’ont plus de territoire ni de "califat" autoproclamé depuis un an, ils sont encore très actifs, prévient la ministre des Armées Florence Parly : "En Syrie, là où le régime de Damas avait pourtant repris le contrôle de certaines zones, ils reviennent au grand jour pour passer à l’acte, ce qui montre l’impuissance des autorités syriennes. Quant à l’Irak, qui traverse une période d’instabilité depuis plusieurs mois, les terroristes s'y réinstallent dans des zones isolées et montagneuses. Daech est bien encore là."

Autrement dit, selon une source militaire : "Une coalition anti Daech doit le rester et ne pas devenir anti-Iran". Une allusion au récent  assassinat du général iranien Soleimani en Irak, par les Américains, et à ses répercussions dans la région. Il est donc important, ajoute cette source, de le rappeler aux partenaires de la France.

Dans une dizaine de jours, le porte avion Charles de Gaulle partira pour l’Atlantique nord, où il ne s’est pas rendu depuis dix ans, pour des missions avec des Européens et des membres de l’OTAN. Le porte-avions intégrera dans son escorte des frégates allemande, belge, espagnole, néerlandaise et portugaise.

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