Bernard Cazeneuve et Theresa May, à Calais pour signer un accord
Bernard Cazeneuve et Theresa May, à Calais pour signer un accord © MaxPPP

La France et le Royaume-Uni ont signé ce jeudi un accord pour prendre en charge l'afflux de migrants à Calais. Les forces de l'ordre des deux pays coopéraient déjà mais la participation britannique était considérée comme insuffisante, d'autant que la situation s'aggrave.

Bernard Cazeneuve et Theresa May, ministres de l'Intérieur se sont retrouvé ce jeudi à Calais, pour signer un nouvel accord de coopération policière.

Mathilde Dehimi a suivi ce déplacement conjoint des deux ministres.

10 millions d'euros supplémentaires pour la prise en charge des migrants

Le Royaume-Uni va débloquer dix milliards d'euros sur deux ans pour prendre en charge les migrants à Calais. L'accord prévoit notamment une meilleure "observation" des migrants, qui permettrait de détecter les plus fragiles d'entre eux et d'apporter une aide particulière aux femmes et aux enfants, "leur apporter des informations et les placer en lieu sûr". Mais cette mesure implique de développer largement les capacités d'accueil, de logement et de prise en charge, notamment pour "empêcher que puissent avoir accès à ces populations vulnérables tous ceux qui cherchent à les exploiter".

Sécuriser l'entrée du tunnel sous la Manche

La Grande-Bretagne doit allouer davantage de moyens pour sécuriser le site d'entrée de l'Eurotunnel, où de nombreux migrants tentent de monter à bord des trains pour traverser la Manche. Un "commandement unifié" sera créé, avec deux responsables français et britannique. Il sera chargé de lutter contre les réseaux de passeurs, en collectant et partageant des renseignements.

Le Royaume-Uni aidera Eurotunnel à "augmenter ses effectifs dédiés à la sécurité". Une nouvelle salle de contrôle va être créée et "nous allons déployer des équipes supplémentaires de fouille du fret 24h/24 et 7 jours/7 pour réduire le nombre de passagers en situation irrégulière".

Traiter les dossiers plus vite

Dans leur ensemble, ces dispositions bénéficieront d'un soutien financier du gouvernement britannique à hauteur de 5 millions d'euros par an pendant deux ans.

Pour ceux qui souhaitent rester en France, l'accord devrait augmenter les capacités de traitement des demandes d'asile et dans ce cadre "le gouvernement britannique apportera une aide (...) pour la mise en place d'hébergements dédiés, situés à une distance significative de Calais". Evidemment, l'objectif est de limiter l'afflux de migrants à Calais.

Renforcer les liens avec les pays d'origine

Ces nouvelles équipes devraient aussi favoriser les retours volontaires vers les pays d'origines, en organisant des campagnes d'information.

Les deux pays souhaitent intensifier le dialogue avec les pays d'origine des migrants, quand ils sont connus. Ils ont convenu d'organiser "une conférence de suivi à Paris, avec les autres Etats membres de l'UE, si possible d'ici la fin de l'année", et d'apporter un soutien à la Grèce et à l'Italie sur les "hotspots" ou centres de tri entre réfugiés et migrants économiques irréguliers.

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