À peine nommé, le nouveau Premier ministre Jean Castex est déjà sous le feu des critiques, qui viennent autant de l'opposition de gauche que de ses désormais anciens amis Les Républicains.

L'opposition n'épargne pas le nouveau Premier ministre
L'opposition n'épargne pas le nouveau Premier ministre © AFP

Nommé ce vendredi matin en remplacement d'Edouard Philippe, le nouveau Premier ministre Jean Castex fait déjà beaucoup parler de lui. Haut-fonctionnaire issu de la droite, il ne semble pas faire l'unanimité, à part dans la majorité. À droite les réactions ne sont pas particulièrement chaleureuses à l'endroit de celui qui est pourtant maire LR de Prades, et qui a été secrétaire général adjoint de l'Élysée au temps de Nicolas Sarkozy. 

Secrétaire général des Républicains, le député du Lot Aurélien Pradié ne mâche pas ses mots sur France Inter, qualifiant le nouveau Premier ministre de "technocrate" : "Jean Castex est un serviteur de l'Etat, je n'ai rien à lui reprocher à cet égard. Mais je sais qu'il sera là pour appliquer la politique qu'Emmanuel Macron lui demandera d'appliquer. (...) Il deviendra un de ses collaborateurs." Interrogé sur l'appartenance de Jean Castex au parti Les Républicains, comme Édouard Philippe avant lui, Aurélien Pradié estime que "la confusion est mauvaise pour la démocratie. (...) Tout ça contribue à pourrir l'idée que l'on se fait des convictions politiques. Tout ça fabrique 60% d'abstention."

Toujours chez Les Républicains, pas plus de mansuétude chez Christian Jacob, le président du parti, pour qui le choix de Jean Castex marque un "virage technocratique", faisant référence à son statut de haut-fonctionnaire :

Pour le député sarkozyste des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, Emmanuel Macron "dissout Matignon" en nommant Jean Castex :

Un soutien tout de même à droite, avec l'ex-LR Xavier Bertrand. Le président de la région Hauts-de-France a bien connu Jean Castex, qui a été son directeur de cabinet lorsqu'il était ministre. Sur Twitter il salue "les qualités de serviteur de l'Etat" du nouveau Premier ministre.

La gauche attaque l'homme de droite

Sur France Inter, le député européen écologiste David Cormand parle de Jean Castex comme "d'une personne issue clairement de la droite. Ça donne une indication claire sur le centre de gravité politique de la fin du quinquennat." L'élu EELV ne croit pas que la nomination de Jean Castex soit une bonne nouvelle pour l'écologie : "On a le sentiment que ce qui va être mis en oeuvre ce sont de vieilles recettes."

Président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, le socialiste Stéphane Troussel a travaillé avec Jean Castex d'abord en lien avec sa mission de délégué interministériel aux JO 2024 de Paris, puis en tant que "monsieur déconfinement". "Il a des qualités humaines indéniables, souligne l'élu PS. Un sens de l'écoute, une grande capacité de travail, une capacité à faire converger un certain nombre de points de vue contraires, et surtout une grande franchise dans les rapports." Mais pas question pour Stéphane Troussel de donner un blanc-seing à Jean Castex : "s'il mène la politique que semble indiquer le président de la République (...) je crains de porter un jugement aussi négatif que celui que je portais sur son prédécesseur."

Toujours du côté du PS, le Premier secrétaire Olivier Faure déplore l'immobilisme qu'induit selon lui la nomination de Jean Castex : "Le jour d'après sera de droite comme le jour d'avant."

Plus à gauche encore, on est bien sûr pas vraiment tendre avec ce nouveau Premier ministre qui vient de la droite. Sur franceinfo, députée européenne France Insoumise Manon Aubry parle d'un "technocrate docile qui ne fera pas d'ombre à Emmanuel Macron."

Toujours pour la France Insoumise, le député de Seine-Saint-Denis Bastien Lachaud voit en la nomination de Jean Castex un signe "que la 5ème République arrive au bout de son pourrissement monarchique" :

Enfin, du côté du Rassemblement national, Laurent Jacobelli n'épargne pas non plus le nouveau locataire de Matignon : "Ce qui est plus inquiétant c’est que Jean Castex  semble être le clone parfait d’Edouard Philippe", estime le porte-parole du parti d'extrême-droite. "Il n’y a pas de changement à espérer", conclut-il sur franceinfo. 

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