Des divergences apparaissent au sein de La République en Marche, depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Les annonces d'Emmanuel Macron à la mi-décembre ont creusé ces clivages. Ils dépassent désormais la simple fracture entre sociaux et libéraux.

Des députés de la République en Marche, lors d'un vote à l'Assemblée nationale
Des députés de la République en Marche, lors d'un vote à l'Assemblée nationale © AFP / JACQUES DEMARTHON

Emmanuel Macron voulait dépasser les clivages politiques, pour tourner la page de l'ancien monde. Le chef de l'État comptait sur une majorité forte pour mener ses réformes. Mais le mouvement des gilets jaunes fragilise l'unité du groupe La République en Marche à l'Assemblée nationale. Plusieurs courants émergent, notamment depuis les premières annonces faites par Emmanuel Macron, le 10 décembre.

Deux grands axes d'idées se détachent : les tenants d'une réponse sociale et les défenseurs d'une politique plus libérale. "Cette fois, c'est bel et bien en train de se décanter", confirme un député de la majorité présidentielle. Le président du groupe LREM, lui-même, reconnaît que "la période est compliquée".

"La crise des gilets jaunes a réactivé la fracture entre les sociaux-démocrates et les sociaux-libéraux", Gilles Le Gendre

Cinq courants, une "majorité en archipel"

Plus qu'une fracture, certains parlent d'une décomposition importante du groupe. À en croire un autre député de la majorité, cinq courants commencent déjà à coexister : les "budgétaires", qui ne veulent pas voir déraper les finances publiques, et les "territoriaux", qui défendent une plus grande décentralisation vis-à-vis de Paris, qui se situent à la droite du parti. Au centre, les "modérés", qui ne sont pas très éloignés du parti radical. Et à la gauche du groupe de la République en Marche, les "écolos" et les "sociaux", qui soutiennent une politique sociale affirmée. 

Ces députés resteront-ils unis ? "Pas forcément, assure un pilier de la majorité, c'est en cours de réflexion". Lui milite d'ailleurs en faveur d'une agrégation de courants, ce qu'il appelle une "majorité en archipel"... Un aveu d'échec pour Emmanuel Macron, dont le grand projet était initialement de dépasser les clivages politique.  

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