Emmanuel Macron livre ce jeudi ses principaux objectifs dans Le Point. Travail, chômage, ou encore international, le Président temporise ses détracteurs et prône la reconstruction.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Christian LIEWIG

Il avait refusé les interviews le 14 juillet, il n'a pas dressé de bilan des 100 premiers jours de son mandat face aux journalistes. C'est dans la presse qu'Emmanuel Macron a choisi de s'exprimer ce jeudi. Dans un entretien fleuve d'une vingtaine de pages, publiées dans le Point (lien payant), le président de la République fixe les caps de son mandat et rappelle, confirme sa vision de ce que doit être son rôle.

Emmanuel Macron, qui dit entendre "l'impatience du peuple" construit sa vision sur deux maîtres-mots : la transformation et la reconstruction, l'un pour faire avancer le pays, l'autre pour lui redonner de sa prestance.

Le tout est sans réelles surprises. Sur les ordonnances de réforme du code du travail, dont le contenu a été maintenu secret jusqu'à la conférence de presse prévue ce jeudi midi, Emmanuel Macron ne fait qu'indiquer son objectif : transformer le marché du travail pour faire baisser le chômage de masse.

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Et pour ce faire, il veut surtout se concentrer sur les jeunes, une catégorie qu'il estime laissée pour compte. "Les pauvres aujourd'hui sont souvent moins les retraités que les jeunes", explique-t-il dans l'interview. Un élément pour étouffer les protestations des aînés sur la hausse de la CSG ?

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Macron fait un pas en direction des syndicats

Seule ligne précisée par rapport aux quelques éléments qui avait déjà fuité sur les ordonnances : la négociation directe entre un patron et ses salariés ne sera possible, en l'absence d'organisation syndicale dans l'entreprise, qu'à celles qui comptent moins de 50 salariés. Le Medef demandait que ce soit possible jusqu'à 300 employés.

L'autre promesse du Président, c'est celle d'une nouvelle baisse des APL. Selon le chef de l'État, ces aides au logement ont leur part de responsabilité dans la hausse des loyers.

Enfin, devant la polémique suscitée par l'admission des étudiants à l'université, Emmanuel Macron balaie le système de tirage au sort très décrié pour cette rentrée, dont il promet la fin prochainement.

"Pas de regrets"

Emmanuel Macron est également revenu sur sa communication de cet été, des "couacs" qu'il dément. La crise à la tête de l'armée ? "Une tempête dans un verre d'eau" estime le chef de l'État, "les armées ne font pas ce qu'elles veulent".

A l'étranger, le président de la République raffermit sa position. Sur l'Ukraine, il promet de ne rien laisser passer à Vladimir Poutine. Face à la Turquie, il se moque de Erdogan, avec qui il est "obligé" de parler tous les dix jours.

"Je n'ai jamais dit que je me voyais comme Jupiter"

Une leçon peut-être qu'Emmanuel Macron tire de ses premiers mois à la tête de la France : la position jupitérienne qu'on lui prête depuis un certain discours du candidat Macron, à l'automne dernier, doit être étouffée. Pour lui tordre le coup, le Président rectifie : _"_Je n'ai jamais dit que je me voyais comme Jupiter" a-t-il précisé, "je tiens à la confrontation et au débat".

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