Nicolas Dupond Aignan a retenu la leçon de 2007. Ce qui autrefois apparaissait acquis pour un homme politique ne l'est plus. Les 500 signatures ne se récoltent pas à tous les vents. Le fondateur de Debout la République avait été éliminé il y a 5 ans.. A nouveau candidat pour l'élection présidentielle 2012, il est parti en campagne auprès des maires, mais à ce jour, Nicolas Dupond Aignan revendique seulement 380 parrainages.

Christine Boutin est aussi à la peine. En 2002, plus de 700 élus lui avaient accordé sa confiance. Ils ne sont que 300 aujourd'hui. " Ils ont peur d'un 21 avril à l'envers " explique, amère et désapointée, la présidente du parti chrétien-démocrate, un mouvement politique associé à l'UMP.

Mais sur le versant gauche, les difficultés sont identiques. Pas sur sur que Jean-Pierre Chevenement en dépit de son envergure reçoivent des soutiens appuyés. " A moins que ce ne soit des maires de droite pour affaiblir le vote socialiste" justifie Mylene Durand, une MJS persuadée que les élus de gauche ne suivront pas le belfortain.

En difficulté aussi, Philippe Poutou , le candidat du NPA . Olivier Besancenot ne se représente pas, et le Nouveau Parti Anticapitaliste envoie au front cet ouvrier de l'industrie auto, inconnu du grand public. Scepticisme des maires qui ne se pressent pas pour donner leurs signatures.

Oui; le 21 avril a changé la donne. Le vote utile hante les esprits.En 1974, la multiplicité des petits candidats ne portaient pas de tort au bipolarisme. Deux blocs s'affrontaient et un troisième homme émergeait toujours. Jacques Chaban-Delmas en 1974, Jacques Chirac en 1981, Raymond Barre en 1988, Edouard Balladur en 1995.

Mais là où extreme gauche et extreme droite tournaient autour d'1 % en 1974, René Dumont le premier candidat vert à 1,32%, Jean-Marie Le Pen à 0,75 et Alain Krivine à 0,37%, en 1995 et 2002, les pourcentages naviguent autour des 5 % (Noël Mamère, Arlette Laguiller, Jean-Pierre Chevenement, Olivier Besancenot, Jean Saint Josse ), autour de 3 (Alain Madelin, Robert Hue, Bruno Megret). La multiplication de ces scores qui n'oscillent plus entre 0 et 1 %, ajouté au nombre record de candidats à une élection présidentielle (16) ont affaibli le poids des deux principales formations historiques.

Dix ans après, le traumatisme d'un Front National au deuxième tour hante donc les consciences , et pour beaucoup de maires, il n'est plus question de donner sa signature à la légère, quitte à étouffer des voix plurielles qui trouvaient dans la présidentielle une caisse de résonnance. Désormais, l'expression est ailleurs. On se présente, on tient des meetings pour séduire les élus, on intervient à la radio et à la télévision, puis au moment du verdict on se désiste, ou on rallie un camp.

La conquête des signatures ne se fait plus dans l'ombre. C'est un préliminaire établi de la campagne électorale

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