[scald=108065:sdl_editor_representation]par Bernard Grollier

SAINT-DENIS-DE-LA-RéUNION (Reuters) - "Le moment est venu de débarrasser la vie politique" du Front national, a déclaré dimanche Jean-Luc Mélenchon, galvanisé par un sondage récent qui le place devant la candidate du FN à l'élection présidentielle.

"Placez-là derrière moi, loin derrière moi!", a lancé le candidat du Front de gauche lors d'un meeting à La Réunion, où il a effectué un déplacement express.

Près de 600.000 électeurs sont appelés aux urnes dans ce département français de l'océan Indien pour le scrutin des 22 avril et 6 mai.

"Puisque les circonstances semblent dire que le Front de Gauche aurait atteint cet objectif de ridiculiser le Front national, le moment est venu de débarrasser la vie politique de ces malfaisants", a déclaré Jean-Luc Mélenchon devant plus de 2.000 personnes massées dans une salle de la ville communiste du Port.

Selon un sondage BVA réalisé les 21 et 22 mars, Jean-Luc Mélenchon devient le "troisième homme" du scrutin avec 14% d'intentions de vote au premier tour devant Marine Le Pen (13%) et François Bayrou (12%).

Le comité de soutien à Jean-Luc Mélenchon est présidé à La Réunion par Ivan Hoareau, le secrétaire général de la CGT réunionnaise, et le chef de file du Front de gauche ne désespère pas de rallier l'influent Parti communiste réunionnais à sa candidature.

"J'APPROCHE DES ÉTOILES"

Plusieurs élus du PCR étaient présents au premier rang de son meeting, dimanche, mais pas Paul Vergès, fondateur du parti.

"Même si demain il fait un choix qui me pince le cour, j'admire et je respecte Paul Vergès », a déclaré Jean-Luc Mélenchon.

Dans la moiteur de l'été austral, le candidat a été convié à un pique-nique avant de prendre la parole dans une salle surchauffée par les rythmes du maloya, la musique traditionnelle locale.

Refusant "les débats vils et vains qui pourrissent l'atmosphère", Jean-Luc Mélenchon a martelé ses convictions en faveur de la relance de la dépense publique et rejeté « la vieille marchandise gâtée du libéralisme".

En réitérant sa promesse d'un smic à 1.700 euros et de "minima sociaux relevés au-dessus du seuil de pauvreté", il a un peu plus enflammé une assistance acquise à sa cause, dans une île où le taux de chômage est proche de 30%.

"Quelle est cette étrange maladie dont on cherche à rendre responsable les malades ?", s'est-il interrogé en évoquant les violences urbaines qui ont touché l'île le mois dernier, après les mouvements contre la vie chère aux Antilles et à Mayotte. "C'est la misère, la souffrance, la sarkozite !", a-t-il lancé.

"Enfant, je voulais être cosmonaute", a confié le candidat.

"J'ai fait un bout de chemin, puisque j'approche des étoiles".

Edité par Sophie Louet

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.