Le "Conseil" de la République en marche s'est réuni ce samedi pour désigner le nouveau patron du parti. Stanislas Guerini, immense favori et co-fondateur d'En Marche! a logiquement été préféré à Joachim Son-Forget, candidat de dernière minute.

Le député de Paris Stanislas Guerini
Le député de Paris Stanislas Guerini © AFP / JOEL SAGET

Ils sont peu nombreux, dans le grand public, à connaître le visage de Stanislas Guerini. Élu député LREM de la 3e circonscription de Paris, cet entrepreneur dans les énergies renouvelables, ancien d'HEC, est entré en politique aux côtés de Dominique Strauss-Kahn, lors de la campagne 2006 pour la primaire socialiste.

Ce samedi, il a été désigné à une grande majorité "délégué général" du parti lors de l'élection qui l'opposait à Joachim Son-Forget,.

À 36 ans, et après avoir été l'un des soutiens de la première heure d'Emmanuel Macron - Stanislas Guerini est l'un des cofondateurs d'En Marche!, dont il a trouvé le nom - le député arrive à la tête du parti présidentiel à un moment critique, alors que la cote de popularité de l'exécutif est au plus bas. "Il ne faut pas nier, admettait-il dans la presse mi-novembre, le moment de difficulté collective que l'on vit".

Un nageur au milieu des requins

Unanimement loué pour son "énergie positive" et sa "bienveillance", le député n'a que peu de détracteurs. Mais certains marcheurs doutent cependant de sa capacité à "savoir être méchant". Quel résultat attendre d'une confrontation avec les ténors des autres partis, tels que Laurent Wauquiez (LR), Marine Le Pen (RN) ou encore Jean-Luc Mélenchon (LFI) ?

"Ce n'est pas un pugiliste mais je connais sa fermeté, ses convictions, ses capacités oratoires et rhétoriques", évacue Ismaël Emelien, conseiller spécial à l'Elysée et ami de 12 ans, depuis l'époque du QG Rue de la Planche. "Ce serait faux d'en tirer la conclusion que c'est un béat, bisounours", insiste celui qui fut son témoin de mariage. "C'est quelqu'un qui a cette capacité d'entraînement, d'impulsion, de bienveillance, qui fait qu'il avance, de manière saine, efficace et courtoise", ajoute-t-il.

Une bienveillance qui se retrouve dans les messages vidéos qu'il adresse régulièrement à ses électeurs sur les réseaux sociaux

Fin d'une rivalité interne ?

L'issue de l'élection du patron de LREM aurait pu être moins certaine si Pierre Person n'avait pas retiré sa candidature. Mais dans un entretien au Figaro, le candidat de la "Bande de Poitiers" s'est retiré au profit de celui de la "bande de la Rue de la Planche, en appelant à "l'unité et le rassemblement". Stanislas Guerini présente cette renonciation comme _"un signe de maturité politique",_d'autres y voient le symbole d'un manque de démocratie interne. Car même si siles bandes de Macron-boys sont toutes les deux issues des réseaux socialistes, elles n'en demeurent pas moins rivales. 

Lorsqu'il devient une petite main dans l'équipe de campagne de DSK, Stanislas Guerini rencontre, au QG rue de la Planche, une partie de l'équipe qui se lancera à l'automne 2015 autour d'Emmanuel Macron : Ismaël Emelien, Cédric O, mais aussi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Le député Adrien Taquet ou le conseiller de l'Elysée Emmanuel Miquel ne sont pas loin. À l'époque, ils sont attentifs aux paroles de Michel Rocard, Pierre Moscovici, Olivier Ferrand, brutalement décédé quelques jours après son élection comme député, Jean-Christophe Cambadélis ou encore Christophe Borgel.

En parallèle, un autre clan informel se forme sur les bancs de la fac de Poitiers. Il s'agit de Pierre Person, Sacha Houlié et encore Guillaume Chiche, rejoints ensuite par Aurélien Taché et Hugues Renson. Trentenaires pour la plupart, parlementaires déjà aguerris, ils sont tous issus des rangs de l’Unef ou du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), et veulent davantage mettre en avant les mesures sociales prises depuis le début du quinquennat, reprochant au gouvernement son axe droitier. 

Les membres de la "Bande de Poitiers" se revendiquent comme macronistes de la première heure. Et doivent aujourd'hui se rallier à Guerini pour préserver LREM des divisions internes en vue des échéances électorales.

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